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Musique classique et opéra par Classissima

Georges Bizet

jeudi 29 septembre 2016


Les blogs Qobuz

23 septembre

Le blog-notes de Claude Samuel L’opéra superstar – L’illustre Cavalli – Le sulfureux Héliogabale – Les fantasmes de Franco Fagioli – « Vous méritez un avenir meilleur »

Les blogs Qobuz Martin Matalon ou quand l’Amérique latine débarque à Rennes… (Ph. Patrizia Dietzi) Opéra-ci, opéra-là, comment y échapper ? Cet opéra, dont certains d’entre nous avaient, dans les années soixante, assez imprudemment je dois dire, tourné la page, est flamboyant. Un peu répétitif, certes, dans son répertoire, et parfois mis à toutes les sauces par des metteurs en scène bourrés de talent, mais iconoclastes revendiqués. Tout de même, en ce début de saison, nous avons le choix entre la Katia Kabanova de Janacek en novembre au Théâtre d’Avignon, le Rake’s progress de Stravinsky à Caen, l’Orfeo de Monteverdi à Dijon, la Cenerentola de Rossini à Lille, Pelléas et Mélisande à Limoges, L’Ange de feu (un sommet dans l’œuvre de Prokofiev, j’en reparlerai !) à Lyon, le Hamlet d’Ambroise Thomas (oui, il faut de tout pour faire un monde…) à Marseille, Le Triptyque de Puccini à Metz, Cosi fan tutte à Rouen, le très étrange Tour d’écrou de Britten à Strasbourg, Béatrice et Bénédict de ce pauvre Berlioz, qui n’eut jamais de chance en France avec ses œuvres lyriques, au Capitole de Toulouse, la Lucia di Lammermoor de Donizetti à l’Opéra de Tours et la création à Rennes (oui, une création mondiale !!!) de L’ombre de Venceslao, opéra écrit par Martin Matalon, un compositeur qui, venu de son Argentine natale, est aujourd’hui l’une des valeurs sûres de l’Ircam ; on reste dans la famille sud-américaine avec Copi, à l’origine du livret, et Jorge Lavelli pour la mise en scène : représentation où l’on nous promet « humour, tendresse et noirceur ». Spectacles que vous ne manquerez pas si, outre Rennes, vous habitez à Toulon, Reims, Avignon, Clermont, Toulouse, Bordeaux ou Montpellier. Francesco Cavalli (1602-1676), le héros du baroque vénitien (DR) Le baroque vénitien Au moment où la culture crie misère, l’opéra n’est tout de même pas si mal loti ! Je dirai même qu’à Paris, à Garnier actuellement, il est somptueusement servi. Là aussi avec une création, mais d’un compositeur mort il y a quelque trois cents quarante ans : l’illustre Francesco Cavalli (1602-1676), un représentant du baroque vénitien qui, suivant les traces de Monteverdi dont il fut l’élève, a composé quarante-et-un opéras, dont, parmi les vingt-sept qui nous sont parvenus, Ercole Amante, écrit à la demande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec Marie Thérèse d’Autriche, et Eliogabalo, donné actuellement (et jusqu’au 15 octobre) à Garnier, le dernier de la série, qui fut à l’époque mis en répétitions à Venise, mais laissé pour compte en cours de route – le personnage-titre de l’opéra ayant vraisemblablement trop de turpitudes à son actif… Néron aussi, dont s’empara Monteverdi… L’Empereur de Rome (Franco Fagioli) aux pieds de Gemmira (Nadine Sierra), femme convoitée (Ph. Agathe Poupeney/Opéra de Paris) Héliogabale est un personnage historique dont la réputation est plus que sulfureuse ; empereur de Rome en 218, à quatorze ans, il exerça tous les pouvoirs jusqu’à sa mort, quatre ans plus tard ; Edward Gibbon évoque dans l’Histoire du déclin et de la chute de l’Empire romain « un homme voluptueux […] dont les amusements favoris consistaient à défier les passions et les préjugés de ses sujets et à fouler aux pieds toutes les lois de la décence et de la nature, qui se livra sans retenue aux débauches les plus grossières. » Un librettiste, dont on a oublié le nom, s’est jeté avec bonheur sur ce personnage sulfureux dont la sexualité ambiguë nourrit à Garnier l’imagination de Thomas Jolly, responsable de la mise en scène. Une œuvre de styliste dont l’invention s’appuie largement sur le travail très sophistiqué d’Antoine Travert, l’homme des lumières… Ne cherchons pas, malgré les sous-titres, à suivre tous les rebondissements d’une affaire tortueuse. Franco Fagioli, notre Eliogabalo, est, comme il se doit, un contre-ténor qui étale sans restriction ses fantasmes… Le spectacle, en coproduction avec l’Opéra d’Amsterdam, dure trois heures – une durée raisonnable pour l’époque. Ce n’est tout de même pas l’émotion monteverdienne, encore moins la fantaisie mozartienne qui se fera attendre un grand siècle. D’après Verdi C’est aussi un opéra, un ouvrage lyrique ultra-classique qui est installé au Théâtre des Bouffes du Nord (jusqu’au 15 octobre). Une Traviata sous-titrée « Vous méritez un avenir meilleur », agrémentée d’une précision : « d’après La Traviata de Giuseppe Verdi ». Référence : dans ce même lieu, Peter Brook a monté jadis une Carmen d’anthologie d’après Bizet, suivie par un Pelléas et Mélisande d’après Debussy, une Flûte enchantée d’après Mozart. Toutes transpositions impossibles sur une vraie scène d’opéra mais, notamment pour La Traviata, idéale dans ce lieu vermoulu où peuvent librement s’effilocher les souvenirs. De surcroît, La Traviata est là, en la personne de Judith Chemla, une merveilleuse chanteuse-comédienne d’une présence obsédante. L’ensemble où, musicalement et scéniquement, tout s’entremêle, est organisé avec autant de fermeté que de subtilité par un spécialiste des spectacles décalés : Benjamin Lazar, qui, depuis certain Bourgois Gentilhomme à la bougie, n’arrête pas de décanter nos classiques. Ce n’est ni un pastiche, ni un pied-de-nez mais avec neuf musiciens seulement (flûte, clarinette, violoncelle, contrebasse, accordéon, trombone, cor et violon) de libres variations. Et c’est magnifique ! La Violetta des Bouffes, telle qu’une version épurée nous la restitue… (Ph. Pascal Victor) Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de septembre 2016 : « Ce jour-là, 14 décembre 1784 : Mozart entre dans la franc-maçonnerie »

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15 septembre

Orchestre National de Lille : temps forts de la nouvelle saison 2016 – 2017

LILLE, Orchestre National de Lille : saison 2016 – 2017. Présentation et temps forts. La nouvelle saison de l’Orchestre National de Lille comprend plusieurs cycles thématiquement forts, emblématiques d’une ligne artistique qui frappe toujours par son engagement (accessibilité, offres renouvelées à destinations des publics…) et son équilibre (diversité des volets musicaux, des interprètes et des phalanges conviées : cette année, Orchestres de Picardie, National de Lyon…). C’est aussi une réflexion vivante sur les formes du concert dont les propositions sont aujourd’hui aussi diversifiées que bien identifiées : les « planète orchestre » (découverte des instruments de l’orchestre de l’intérieur), les concerts flash à 12h30 (places à 5 euros), les ciné-concerts (cette année Ratatouille en février 2017 et Le Cirque en avril suivant) ; sans omettre les offre »Famillissimo », comme les ateliers de découverte musicale, enrichissent pendant toute la saison, une offre de plus en plus proche des publics. Un orchestre à la carte en quelque sorte… de quoi répondre aux attentes de chacun, selon son rythme, selon ses goûts. En cela les actions de l’ONL (Orchestre National de Lille ) sont particulièrement exemplaires, d’autant, – ne l’oublions pas- que le renouvellement des publics reste la grande obsession du milieu musical en France. Non sans raison. La présence complète et continûment active de l’Orchestre sur la toile, à travers ses contenus connectés via ses propres réseaux (site web dédié : www.onlille.com), ses comptes Facebook, Twitter, Youtube, Instagram, Flikr (riches offres de photographies…) démontrent l’activité d’une phalange « high tech » dont il est très facile de suivre les sessions et les accomplissements tout au long de la saison. saison 2016 – 2017 Les 40 ans de l’Orchestre National de LILLE PASSATION ET CONTINUITÉ… C’est surtout pour sa 40 ème saison, en 2016 – 2017, le cycle de la passation et de la continuité, entre le chef fondateur depuis 1976, Jean-Claude Casadesus, et son successeur pour de nouvelles aventures, le français trentenaire, Alexandre Bloch,qui fait donc son entrée sous les projecteurs en ce mois de septembre 2016. Durant ce nouveau cycle musical, 4 programmes majeurs permettent aux spectateurs de découvrir la personnalité du nouveau directeur musical, dès le 29 septembre prochain : programme « Bienvenue Maestro! » (Les 29 et 30 septembre puis les 1er octobre 2016 ). LIRE notre dossier l’Orchestre National de Lille : les 4 programmes dirigés par Alexandre Bloch, nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lille . Musique concertante (Concerto pour violon de Khatchaturian), ballet de Stravinsky, musique américaine, et aussi création contemporaine en une ultime concert de saison, le 1er juillet, confrontant Enfer et Paradis, sans omettre l’opéra, avec Les Pêcheurs de perles de Bizet… déjà les jalons de cette première proposition du nouveau chef est aussi variée qu’ambitieuse. A suivre de près. JEAN-CLAUDE CASADESUS… Les fidèles de Jean-Claude Casadesus – qui reste donc chef fondateur, retrouveront le maestro emblématique de l’aventure symphonique à Lille et dans son territoire, dans le cycle « L’amour & la danse » comprenant 3 volets de décembre 2016 à mars 2017, soit entre autres de superbes pages du romantisme français couplés à des auteurs du XXè et contemporains, égrenant les grandes figures de la passion amoureuse (« Roméo et Juliette », le 1er décembre 2016 ; « L’Extase » : Beethoven, R. Strauss, Scriabine évidemment : les 19 et 20 janvier 2017 ; « Don Juan », avec de R. Strauss : les Quatre derniers lieder / Annette Dasch, soprano, et le poème Don Juan, les 2 et 3 mars 2017). CYCLES SCHUMANN et BEETHOVEN… Plurielle, ouverte, généreuse et furieusement romantique, spécifiquement germanique, la nouvelle saison de l’ONL comprend deux volets à suivre également, dédiés à Robert Schumann et Ludwig van Beethoven. Le symphonisme de Schumann est porté par le souffle de la nature (en particulier le flux impressionnant du Rhin : d’où sa 3ème Symphonie dite « Rhénane ») et surtout par l’amour de son épouse, virtuose du piano, l’incontournable Clara (cycle Schumann joué et dirigé par le pianiste et chef Christian Zacharias : 4 programmes à partir du 4 octobre 2016 et jusqu’au 24 juin 2017). Tout orchestre ne peut s’enrichir s’il n’aborde régulièrement le génie beethovénien : ainsi l’ONL propose en 2 dates (12 et 13 janvier 2017), l’intégrale des 5 Concertos pour piano avec la complicité du pianiste qui dirige aussi l’Orchestre, Rudolf Buchbinder. CREATIONS : 2 COMPOSITEURS EN RESIDENCE : créations et leçons… Deux personnalités contemporaines colorent de leur écriture propre la saison nouvelle à Lille : le français Yann Robin, dont la sensibilité et l’acte de composition s’inscrivent au carrefour du Jazz, du classique et du rock… Création de son Concerto pour violoncelle et orchestre les 13, 14, 15 octobre 2016, puis flamboyante et puissante évocation des Enfers, « Inferno » (nouvelle pièce en création mondiale), confronté à l’angélisme irréel du Requiem de Fauré (dernier épisode : In Paradisum), le 1er juillet 2017 (qui est aussi le concert de clôture dirigé par Alexandre Bloch). De son côté, Hector Parra est catalan : il achève sa coopération avec l’ONL lors du concert de passation entre Jean-Claude Casadesus et Alexandre Bloch, avec sa nouvelle pièce en création française, « InFALL », les 29, 30 septembre puis 1er octobre 2016. En complément, les deux compositeurs résidents proposent tout au long de la saison, plusieurs « Leçons de musique », introductions aux concerts affichés, selon leur propre expérience / sensibilité de la musique ; les deux créateurs pédagogues s’expriment évidemment sur leurs propres oeuvres et aussi sur les autres programmes de l’ONL… 9 lectures sont ainsi proposées du 29 septembre 2016 au 1er juillet 2017. L’Orchestre National de Lille au diapason baroque ELARGISSEMENT DU REPERTOIRE : 2 fois HAENDEL, 1 fois VIVALDI mais « en 2.0 »… L’ONL n’en est plus à un nouveaux défis près. Trois concerts événements indiquent cette ouverture de la vision, servie par un geste décomplexé qui en dit long sur l’envie des instrumentistes d’enrichir leur expérience, d’affiner leur pratique, de découvrir d’autres dispositifs musicaux… C’est d’abord l’éloquence scintillante et dansante du Water Music de Haendel, les 24 et 26 janvier 2017 sous la baguette de Jan Willem de Vriend : comment sonnera l’orchestre confronté au langage et à la syntaxe musicale baroque ? Puis les 23 et 25 mars 2017, immersion dans l’univers personnel de Max Richter qui revisite les Quatre Saisons de Vivaldi : le sommet de la musique orchestrale du XVIIIè italien et baroque (1725) y est réarrangé, enrichi de sonorités contemporaines : soit la version 2.0 d’un Vivaldi, revivifié, « au charme jubilatoire ». Enfin le même Jan W. de Vriend dirige Le Messie de Handel, les 5 et 6 avril 2017 : les instrumentistes de l’ONL poursuivront ainsi leur maîtrise de la grammaire baroque propre au Saxon, dans une partition particulièrement riche en vagues chorales (Choeur de la Radio Flamande) et en évocations d’une Nature miraculeuse : un cycle panthéiste et naturaliste qui annonce par son ampleur poétique, La Création de Haydn, au siècle prochain… DES ORCHESTRES, DES CHEFS… Enfin, la richesse d’une saison se mesure certes par la grande diversité des programmes et des oeuvres annoncés ; ce sont aussi les personnalités des chefs invités qui se distinguent et caractérisent la programmation dans son ensemble : outre les Christian Zacharias, Rudolf Buchbinder, Jan W. de Vriend, déjà cités, la premier orchestre de la région lilloise se laissera dirigé, porté par des sensibilités plurielles aux programmes inévitablement prometteurs : l’excellente Debora Waldman dans un programme « Famillissimo », El dia de los muertos (le jour des morts / « un Halloween mexicain » : œuvres de Moncayo, Ayala Pérez, Revueltas, Marquez… les 28 et 29 octobre 2016 : on sait aujourd’hui l’acuité vive et la pertinence ciselée de la direction de Debora Waldman qui est aussi l’audacieuse, ambitieuse créatrice de son propre orchestre « Idomeneo »; VOIR notre reportage vidéo L’Orchestre Idomeneo et Debora Waldman) . De toute évidence, un programme haut en couleur et en tempérament. Le 9 décembre 2016, le Nouveau Siècle à Lille accueille dans le cadre des échanges interorchestres, Joshua Weilerstein qui pilote l’Orchestre national de Lyon dans un programme intitulé « Le rêve américain » (Stravinsky, Milhaud, Gershwin, sans omettre la création française du Concerto pour saxophone de John Adams…). De la même façon, le samedi 13 mai 2017, le chef Arie van Beek dirige l’Orchestre de Picardie dans une programme Beethoven (Symphonie n°8), Stravinsky et Prokofiev. A la tête de l’ONL, Mark Shanahan (qui est aussi un excellent chef lyrique… à Angers Nantes opéra entre autres) pilote la Symphonie Pathétique n°6 de Tchaikovsky, le 1er février 2017. Enfin, curiosité attendue, Mark Minkowski, récent directeur de l’Opéra de Bordeaux, qui vient à Lille diriger la sublime Symphonie en ré de César Franck, sommet du romantisme français tardif post wagnérien (1881) – en cela un jalon majeur dans l’histoire de la musique en France et donc un rendez vous hautement symphonique spirituel et flamboyant, à ne manquer sous aucun prétexte: le 9 mars 2017 (couplée avec la Symphonie n°2 de Saint-Saëns). Eclectique et inventive, la nouvelle saison de l’Orchestre National de Lille 2016 – 2017 a bien des arguments pour convaincre et surprendre. INFOS, RESERVATIONS, contenus exclusifs… toutes les offres sur le site de l’Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch, nouveau directeur de l’Orchestre National de Lille © U.Ponte/ONL Lille 2016




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12 septembre

Orchestre National de Lille : 4 concerts dirigés par Alexandre Bloch

Orchestre National de Lille, nouvelle saison 2016 – 2017. Quatre programmes majeurs à ne pas manquer avec Alexandre Bloch, nouveau directeur musical. La nouvelle saison 2016 – 2017 de l’Orchestre National de Lille marque une nouvelle étape et un jalon décisif dans l’histoire de la phalange lilloise puisque le chef français Alexandre Bloch a été nommé nouveau directeur musical de l’Orchestre, succédant ainsi au chef fondateur Jean-Claude Casadesus, en poste depuis 1976. Pour ses 40 ans, l’Orchestre s’offre un tempérament plein d’énergie, un musicien solide et charismatique qui réalise l’esprit de continuité et de d’approfondissement défendu au cours de la nouvelle saison par les musiciens à Lille. Violoncelliste, aujourd’hui chef invité principal des Düsseldorf Symphoniker, Alexandre Bloch (Talent Adami 2012) en mettant surtout l’humain et une grande curiosité au centre de ses préoccupations a à coeur de défendre et de prolonger les valeurs développées depuis la création de l’Orchestre, par Jean-Claude Casadesus. En cette première saison, les spectateurs pourront découvrir et suivre le travail du nouveau chef avec les instrumentistes de l’Orchestre national de Lille, ce dès le premier programme emblématique d’une passation déjà très attendue ; puis au cours des 3 autres concerts à l’affiche de la saison : soit 4 rendez vous incontournables de la nouvelle saison symphonique en France, en septembre, décembre, mai puis juillet 2016. 4 concerts de l’Orchestre National de Lille sous la direction de Alexandre Bloch, nouveau directeur musical Concert de passation Jeudi 29 septembre 2016 Vendredi 30 septembre 2016 à 20h LILLE, Auditorium du Nouveau siècle Samedi 1er octobre 2016, à 20h DOUCHY-LES-MINES, L’Imaginaire Bienvenue Maestro ! Concert d’ouverture avec Alexandre Bloch, nouveau directeur musical de l’Orchestre National de Lille. Au programme pour ce premier concert de présentation, un premier volet comme une passation : l’ouverture de l’opéra Benvenuto Cellini de Berlioz par le fondateur historique Jean-Claude Casadesus ; ensuite Alexandre Bloch dirigera InFall de Hèctor Parra – compositeur en résidence, (création française) ; le Concerto pour violon de Khatchaturian (soliste : Nemanja Radulovic, violon), enfin L’Oiseau de feu (musique du ballet intégral) de Stravinsky. Ainsi les spectateurs lillois se délecteront de symphoniste flamboyant sous la conduite des deux chefs désormais emblématiques de l’Orchestre National de Lille en sa nouvelle saison 2016 – 2017 : furie italienne dans l’évocation du destin passionné de Cellini, orfèvre sanguin dans la Florence de la Renaissance ; puis virtuosité scintillante chez Khatchaturian puis Stravinsky. Pour les deux chefs c’est un programme idéalement choisi : Jean-Casadesus a toujours montré une réelle affinité avec le romantisme français ; quant à Alexandre Bloch, l’idée entre autres de retrouver les splendeurs suggestives de l’orchestre du jeune Stravinsky quand il composait pour les Ballets Russes, demeure la source inspiratrice d’une insondable richesse. Un émerveillement et une ivresse instrumentale que le nouveau maestro aura plaisir de transmettre et partager… RÉSERVEZ votre place HAPPY NEW YEAR IN AMERICA Jeudi 15 décembre 2016, 20h Mardi 20 décembre 2016, 20h Mercredi 21 décembre 2016, 16h LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle En tournée dans le territoire : Vendredi 16 décembre 2016, 20h à MAUBEUGE, La Luna Samedi 17 décembre 2016, 20h à CARVIN, salle Rabelais Dimanche 18 décembre 2016, 16h à SAINGHIN-EN-MELANTOIS / Salle de sport Allégresse et plaisir de vivre… les qualités défendues par ce programme réjouissant et festif déploient l’énergie et la fièvre en provenance (majoritairement- si l’on excepte Marquez) d’Amérique du nord. L’ONL, Orchestre National de Lille sous la baguette vive, affûtée de son nouveau directeur musical, Alexandre Bloch, joue l’Ouverture de Candide et le Divertimento pour orchestre de Leonard Bernstein, Mavis in Las Vegas de Maxwell Davies et Tahiti Trot de Shostakovitch (l’une des rares moments musicaux où le compositeur russe s’abandonne à une certaine plénitude allègre… dévoilant un talent indiscutablepour la musique de danse), sans omettre Fanfare for the Common Man de Copland, Danzon n°2 de Marquez, Circus Polka de Stravinsky enfin, la Suite Porgy and Bess du très élégant et rythmiquement irrésistible Gershwin. Tous les compositeurs ici réunis savent s’inspirer de mélodies populaires, sublimées dans une parure orchestrale d’un raffinement entraînant et communicatif. RÉSERVEZ votre place Les PÊCHEURS DE PERLES de Georges Bizet Mercredi 10 mai 2017, 20h à LILE, Auditorium du Nouveau Siècle Vendredi 12 mai 2017, 20h à PARIS, TCE – Th. des Champs-Élysées En version de concert, l’opéra du jeune Bizet (25 ans alors), – lauréat du Prix de Rome-, affirme le tempérament bouillonnant du futur auteur de Carmen. C’est aussi pour l’Orchestre habitué aux concerts symphoniques, une formidable expérience lyrique où la tenue générale des instrumentistes doit suivre et envelopper sans les couvrir, toutes les voix solistes. Justement, la distribution de cette production lyrique romantique comprend quelques uns des jeunes chanteurs français les plus convaincants de l’heure : la soprano Julie Fuchs (Leïla, prêtresse de Brahma, amoureuse du pêcheur Nadir), Cyrille Dubois (Nadir), Florian Sempey (Zurga, roi des pêcheurs)… Chacun connaît la fameuse Romance de Nadir, prière virile d’une étonnante séduction mélodique chantée par le ténor vedette… de fait, Les Pêcheurs de Perles, ouvrage créé avec un certain succès au Théâtre Lyrique, Place du Châtelet à Paris en septembre 1863, convoque l’esprit fantasmatique et onirique de l’orientalisme Second Empire. L’action se passe à Ceylan et met en lumière la bravoure de Durga, décidé finalement à sauver le couple amoureux, Leïla et Nadir. Outre une complicité feutrée avec les voix, l’orchestre doit révéler l’élégance de l’orchestration dont la finesse annonce couleurs et éclats, eux méditerranéens à défaut d’être exotiques, de l’orchestre romantique français étincelant dans Carmen (1875)… RÉSERVEZ votre place ENFER et PARADIS Clôture de la saison 2016 – 2017 Samedi 1er juillet 2017, 18h30 LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle ROBIN : Inferno (Frantizek Zvardon, création vidéo) FAURÉ : Requiem Enfer et Paradis. Programme conflictuel et contrasté en guise de conclusion de la nouvelle saison 2016 – 2017 de l’Orchestre National de Lille. Un nouveau terreau fertile aux accents et nuances, scintillants et crépitants, sous la baguette d’Alexandre Bloch. D’abord, déflagrations et vertiges grâce aux sonorités puissantes du compositeur en résidence Yann Robin, au background rock, jazz et aussi naturellement classique. Au terme de sa nouvelle partition infernale, surgit in extremis une lueur d’espoir après l’évocation d’un monde en prise avec les forces démoniaques. Puis c’est bien l’apprentissage des béatitudes et du renoncement le plus apaisant et paisible qui s’affirme à travers le chant de la soprano (Armelle Khourdoïan), du baryton (Jean-François Lapointe) et du choeur (Régional Hauts-de-France), dans l’irrésistible Requiem de Fauré véritable baume pour l’âme en souffrance (évocation du Paradis et des anges bienveillants, accueillants du dernier épisode : In Paradisum). RÉSERVEZ votre place 4 événements de la saison 2016 – 2017 : 3 programmes symphoniques et 1 concert lyrique par l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre Bloch. Toutes les INFOS et les modalités de RÉSERVATIONS sur le site de l’Orchestre national de Lille (www.lilleonline.com) Illustrations : Alexandre Bloch © JB Millot / Orchestre National de Lille ;

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8 septembre

Janáček à la radio française (1929-1939)

Janáček à la radio française 1929-1939 Dès 1922, l’état français et des sociétés privées se lancèrent dans l’exploration d’un nouveau média, la radio. Au tout début, les auditeurs qui réceptionnaient paroles et musiques transmises par des ondes courtes, moyennes et longues devaient être de vrais bricoleurs, voire des techniciens, pour monter leur appareil récepteur. Très vite, des entreprises fabriquèrent des postes de radio fiables. Le public français se saisit de ces engins novateurs et peu à peu le nombre de récepteurs grandit. On estime qu'en 1939 un poste récepteur trônait dans une famille sur deux.  vendeur de poste à galène. Paris vers 1930 @Albert Harlingue/Roger-Viollet www.parisenimages.fr Les émetteurs privés et publics s’emparèrent de cette technique et l’on vit bientôt paraître de véritables programmes radiophoniques dans lesquels la parole et la musique se partagèrent le temps d’antenne. On engagea des musiciens, à la fois de manière occasionnelle ou permanente, dans chaque station. Si l’on n’habitait pas dans une grande ville qui possédait un orchestre symphonique, il était quasiment impossible d’écouter de la musique, à moins de la pratiquer soi-même, seul ou avec des amis et connaissances. Mais le nombre de ces musiciens amateurs demeurait faible. Sitôt que les émetteurs radio se développèrent et que les appareils récepteurs apparurent, le nombre d’auditeurs de musique s’agrandit. Les programmes s’enrichirent de musique. Connue ou inconnue, elle rayonna par l’intermédiaire des ondes dans tout le pays. Dans ces années-là, quelles musiques connaissaient le succès ? Un très rapide coup de sonde dans les programmes, qui ne prétend évidemment pas à l’exhaustivité, permet de prendre le pouls musical des programmateurs et celui du public derrière son récepteur. Un journal généraliste comme Ouest-Eclair dans son édition nantaise démontre, par les mentions qu’il en fait, que des compositeurs des deux derniers siècles, Beethoven, Mozart, Wagner, Chopin et à un moindre degré Brahms, jouissaient d’une belle notoriété (1). Ce quotidien traitait de l’actualité politique, économique et sociale nationale et internationale ainsi que de l’actualité régionale de la Bretagne. La culture et la musique en particulier n’apparaissait que dans les comptes-rendus de concerts donnés à Nantes et plus rarement dans quelques villes environnantes. En dehors de ces éventuelles critiques de concerts, les noms de compositeurs n’étaient cités que dans les programmes radio qui firent leur apparition à l’été 1928 dans les dernières pages du quotidien. Du côté des compositeurs français, les noms de Debussy, mais encore plus de César Franck étaient mentionnés le plus grand nombre de fois, devançant Bizet et Gounod (2). En ce qui concerne la place tenue par des compositeurs contemporains, le plus souvent cité, en dehors de Maurice Ravel, était sans conteste Honegger, mais Stravinsky était assez souvent nommé, beaucoup plus que Bartók et bien plus que Messiaen (3), qui il est vrai débuta sa carrière de compositeur beaucoup plus tard que ses ainés russe, hongrois et franco-suisse. Dans l’entre-deux-guerres, le nom de Janáček n’occupait pas souvent l’affiche des concerts. Entre l’année 1908, première apparition de la musique de Janáček dans un concert et l’année 1939, son nom figura une cinquantaine de fois pour un total de 17 œuvres différentes. On entendit à six reprises sa Sonate pour violon et piano, quatre fois au moins son  premier Quatuor La Sonate à Kreutzer et le chœur Les 70 000, trois fois un autre chœur Maryčka Magdónova (4) et la Sinfonietta (5), deux fois la Sonate I.X.1905 pour piano (6), Pohádka, les Danses de Lachie, le chœur Belvédère, extrait des Chants du Hradčany et Le Journal d’un disparu. On n’entendit qu’une seule fois les Quatre chœurs pour voix d’hommes composés pendant les années 1900 et 1906  (7), La poésie populaire morave en chansons (8), le recueil pianistique Dans les brumes, le Concertino, le Capriccio, La Piste du loup et La Maison des morts (9). Au total, un corpus ni indigent ni consistant, mais cependant plutôt restreint d’autant plus que sa diffusion intervint sur un long espace temps de 30 ans (voir la réception par les concerts dans l'entre-deux-guerres, par exemple). Pour les mélomanes, impossible dans ces conditions de comprendre en quoi les ouvrages de ce compositeur s’inscrivaient dans le vaste mouvement de la modernité musicale qui déferlait dans la plupart des centres artistiques européens. Qu’en était-il sur les ondes radiophoniques de la présence de la musique de Janáček ? Par un curieux esprit de mimétisme, la radio (10) imita les salles de concert dans sa fréquentation du compositeur morave, mais doit-on s’en étonner ?  Cinquante quatre émissions de différentes stations diffusèrent sa musique. Comme la première intervint en 1929 et la dernière en 1939, dans la période considérée, la fréquence pouvait apparaître plus conséquente que dans les salles de concert. Souvent l’arbre cache la forêt. Dans ce cas, c’est ce qui se passa. En effet, du Poste parisien en 1929 jusqu’à Radio PTT en 1938, en passant par les stations de Bordeaux-Lafayette, Radio Paris, Radio-Normandie, on diffusa 25 fois des extraits des Danses de Lachie (11), intitulées tantôt valaques et le plus souvent bohêmiennes. A cette époque - mais les temps ont-ils vraiment changé dans la perception de ce pays d’Europe centrale ? - on confondait dans une même entité la Moravie et la Bohême. On avait plus d’excuses dans les années 30 que maintenant où les moyens de connaissances sont infiniment plus présents. En fait, dénommer bohêmiennes (12) ces danses leur apportait un côté plus exotique et qu’on pensait plus facilement identifiable par le public, bien que cette désignation contribuait à l’égarer. De même, comme on incluait assez souvent ces deux danses dans un programme de musique légère, on ne facilitait pas l’auditeur dans la représentation exacte de l’orientation esthétique de Janáček.  L’orchestre de chaque station exécutait-il ces danses ou faisait-on appel à un enregistrement ? Les annonces parues dans la presse ne brillaient pas par leur précision. Il semble que certaines fois, la musique fut produite en direct par des musiciens présents dans l’auditorium de la station (13) et que d’autres fois on eut probablement recours au disque gravé (14) en Tchécoslovaquie en 1929 par Otakar Pařík à la tête de l’orchestre de la radio de Prague. Ainsi le 9 février 1931, le Poste parisien diffusa un concert avec le concours d’artistes de l’Opéra et de l’Opéra-Comique dans lequel Haydn, Debussy et Rachmaninoff voisinaient avec des compositeurs qui s’illustraient plutôt dans la musique légère comme Louis Varney et Emile Waldteufel et avec des Danses de Lachie de Janáček. Toujours au Poste parisien, le 24 août 1933, l’annonce précisait que l’orchestre du poste jouerait des œuvres de musiciens dont quelques noms étaient familiers aux oreilles des auditeurs, tels Ravel et Massenet, et d’autres moins coutumiers, voire même inconnus, comme Litolff, Lacome, Filippucci et Janáček avec des Danses de Lachie. De même le 27 juillet 1938, c’est bien sous la dénomination de concert que le Poste parisien diffusa un programme qui comprenait, des Danses allemandes de Mozart et la Fantaisie hongroise de Liszt qui encadraient des Danses bohêmiennes de Janáček, programme qui fut probablement interprété par l’orchestre de la station. Par contre, on est sûr que les deux Danses valaques (15) diffusées par Radio PTT provenaient bien d’un concert donné par un orchestre tchèque dirigé par Otakar Pařík, puisque la station française relayait une station pragoise. Mais, le 28 mai 1929, difficile de savoir si des instrumentistes interprétèrent deux Danses valaques ou bien si le disque (16) se substitua aux musiciens en chair et en os. En effet, ce jour-là, un an et demi avant que Rhené-Bâton ne les révèle au public du concert Pasdeloup, la station du Petit Parisien convoqua le Quatuor tchécoslovaque (17), le pianiste Bohuš Raban et des artistes de l’Opéra et de l’Opéra-Comique dans un programme de musique tchèque (18). Comment imaginer qu’un ensemble réduit d’instrumentistes ait pu interpréter l’ouverture Carnaval de Dvořák et la Suite slovaque de Novák, sans parler des Danses valaques de Janáček ? Il fallait bien l’intervention d’un orchestre symphonique dont l’effectif ne pouvait pas se contenter d’une trentaine d’exécutants à moins de présenter seulement le squelette des œuvres et non l’intégralité de l’instrumentation. La station du Petit Parisien avait-elle la possibilité de s’offrir un tel orchestre ? Question sans réponse. En revanche, la station Paris PTT retransmit le 1er mars 1931 le concert de l’orchestre Pasdeloup avec à sa tête Rhené-Bâton au cours duquel quatre Danses valaques de Janáček connurent leur première exécution publique (19). Heureusement, les stations de radio, si elle se focalisèrent sur ces Danses de Lachie puisqu’elles représentèrent la moitié des ouvrages de Janáček  diffusés, offrirent à leurs auditeurs d’autres opportunités. J’ai déjà indiqué, dans un article précédent, comment Jenůfa dans une adaptation orchestrale de E. Bauer se glissa surtout sur les ondes de Strasbourg. La Sonate pour violon et piano jouit d’une diffusion presque confortable, quand on la rapporte à la globalité des ouvrages de Janáček diffusés par la radio, puisqu’on la présenta quatre fois, à Paris PTT en 1930, à Radio Luxembourg en avril et août 1934 et de nouveau sur Paris PTT retransmettant le concert du Triton du 15 février 1935 (20).  On devait essentiellement à Radio-Luxembourg la diffusion de la juvénile Suite pour cordes à quatre reprises en 1933 et 1934. On était redevable de nouveau à la station de Strasbourg de la découverte radiophonique de la Sinfonietta par deux fois en 1931, complétée par une retransmission par Radio Paris d’un concert tenu à Bruxelles en 1939. La venue à Paris à deux reprises de la Chorale des institutrices de Prague occasionna la prise de son et la mises en ondes chaque fois sur Radio Paris du chœur Belvédère extrait des Chants du Hradčany, en novembre 1930 et en juillet 1937. A cette dernière date, La Trace du loup en première audition française succéda au deuxième chœur des Chants du Hradčany.  Chorale des Institutrices de Prague Merci à Olga Vincencová, Présidente actuelle de la Chorale des Institutrices de Prague. Les stations de radio ne programmèrent qu’à une seule reprise les ouvrages suivants, le Concertino, une suite orchestrale tiré de l’opéra De la Maison des morts, Mládi, Rákoš Rákoczy, et la Messe glagolitique. Ces deux dernières œuvres, en août 1938 et septembre 1939 bénéficièrent d’un relais de Prague respectivement par Toulouse PTT et Radio Tour Eiffel. Pour le Concertino, il n’est pas inutile de citer le nom de la soliste, la pianiste Germaine Leroux qui s’illustra souvent par la promotion qu’elle effectua, dans ces années, de la musique tchèque sur le sol français. N’oublions pas le jeune chef, Jean Clergue, qui dirigeait les instrumentistes et la pianiste pour ce Concertino. Quant aux extraits orchestraux du dernier opéra de Janáček, De la Maison des morts (21), Radio Tour Eiffel retransmit le concert de l’Orchestre National sous la direction du chef tchèque Fritz Zweig (22) qui proposa aussi des pièces de Josef Suk, Martinů (le Concerto n° 2 pour piano avec Germaine Leroux) et Dvořák. Enfin, il faut mentionner la participation de la soprano tchèque Ružena Herlinger dans trois des  mélodies de La poésie populaire morave en chansons (23) captées par Radio Paris le 29 juin 1938 dans un programme de mélodies tchèques (24). La pianiste Germaine LerouxA la suite de cette énumération pouvait-on en déduire que la musique de Janáček avait droit de cité en France pendant l’entre-deux-guerres ? Évidemment non. Dans les salles de concert pas plus que sur les ondes, son nom n’était que peu connu et sa musique ne s’enracinait pas dans le paysage musical hexagonal.  Quelques interprètes, essentiellement ses compatriotes, avaient tenté de le faire découvrir par le public français, sans résultat probant jusque là. Tout au plus l’avait-on identifié comme un compositeur tchèque qui jouissait quand même d’une certaine notoriété dans son pays, alors que le public français restait sinon de marbre à l’écoute de sa musique, du moins réticent et désorienté. Elle ne correspondait ni à ce qu’on entendait par ailleurs ni finalement aux attentes du moment. Joseph Colomb - juillet 2016 Notes 1. Tous ces compositeurs germaniques (et Chopin) étaient cités plus de 3 000 fois dans les différentes éditions d’Ouest-Eclair entre 1915 et 1944. 2. Les compositeurs français dont il est question ici étaient nommés plus de 2 000 fois. 3. Pour ces compositeurs contemporains, on trouvait leurs noms de 40 à plus de 400 fois, sauf celui de Ravel qui culminait à plus de 2 000 occurrences. 4. Traduit par La Fille du mineur le 23 avril 1908 lors de la réception officielle dans les salons de l’Hôtel de ville parisien de la Chorale des instituteurs moraves emmenée par son chef, Ferdinand Vach. 5. dont deux fois à Strasbourg à quatre mois d’intervalle. 6. La pianiste Jane Mortier ne joua que le deuxième mouvement de cette Sonate. Voir l’article. 7. A Paris, le 29 avril 1908, la Chorale des instituteurs moraves n’en chanta que deux (Dež viš et Klekánica) sur les quatre que compte ce recueil de chœurs. 8. Des 53 chants que rassemble ce recueil, les auditeurs n’en entendirent qu’un seul, Belegrad. 9. Fritz Zweig dirigea une suite d’orchestre du dernier opéra composé par Janáček. Voir aussi les notes 21 et 22. 10. Radio Luxembourg a été inclus dans l’ensemble des stations françaises par son rayonnement sur plusieurs régions de l’est. 11. Elles sont au nombre de six dans la partition qu’en délivra Janáček en 1924. 12. Avec ce qualificatif bohêmiennes, on tombait dans une double erreur. Premièrement on leur donnait le caractère tzigane (bohémien) qu'elles n'avaient pas. Deuxièmement, la confusion entre deux régions de Tchécoslovaquie, la Bohême et la Moravie, traduisait une méconnaissance de la géographie de l'Europe centrale. 13. Le 27 juillet 1938, il est bien indiqué, non une simple émission, mais un concert diffusé par le Poste parisien et qui comprenait, des Danses allemandes de Mozart et la Fantaisie hongroise de Liszt encadrant deux Danses bohêmiennes de Janáček. 14. Ce disque comprenait deux des Danses de Lachie, Požehnaný et Pilky. Or, à de nombreuses fois, des stations de radio ne diffusèrent que deux danses. Il est tentant de penser qu’elles firent appel à cet enregistrement. 15. Otakar Pařík dirigea ce soir-là Požehnaný et Pilky, les deux danses qu’il avait enregistrées neuf ans auparavant. 16. Le disque (voir note 13) fut enregistré en 1929. Mais je ne sais pas si on pouvait en disposer en mai ou si l’enregistrement se passa en fin d’année. 17. En fait le Quatuor Slovaque. Voir sa participation à la diffusion française du Quatuor Sonate à Kreutzer de Janáček. 18. Voici le détail de cette émission du 28/5/1929 : Dvořák, Carnaval - Janáček, deux Danses valaques - Dvořák, Quintette en la majeur - Martinů, Jazz suite - Suk, Sérénade et ballade - Smetana, Dans la campagne tchèque. 19. En fait, Rhené-Bâton avait déjà dirigé deux de ces Danses valaques (Danses de Lachie), sans qu’on sache lesquelles, lors d’un concert précédent le 28 décembre 1930. 20. Le violoniste Robert Soetens et la pianiste Germaine Leroux furent les interprètes de cette Sonate pour violon et piano. 21. Fritz Zweig assembla un certain nombre d’extraits orchestraux de l’opéra De la Maison des morts en constituant une sorte de suite d’orchestre. C’était la première fois que le public français prenait connaissance avec de cet opéra par l'entremise de quelques fragments symphoniques. Fritz Zweig avait dirigé la première berlinoise de Kát’a Kabanová le 31 mai 1926 et de l’ultime opéra de Janáček De la Maison des morts le 29 mai 1931. 22. Fritz Zweig, d’origine juive, naquit à Olomouc, en Moravie (Empire austro-hongrois à cette époque) en 1893. Chef d’orchestre, il dirigea en Allemagne jusqu’en 1933, date à laquelle il s’exila en France suite à l’arrivée au pouvoir des Nazis. En 1940, un nouvel exil le conduisit aux USA. Il mourut en Californie en 1984. 23. Rappelons qu’il s’agit d’un recueil de 53 mélodies avec accompagnement de piano publié entre 1892 et 1901. 24. Ce programme comprenait de Novák, La Vallée du nouveau royaume et deux mélodies populaires slovaques, de Jirak, L’Arc en ciel et du compositeur slovaque Ján Levoslav Bella, deux poèmes populaires ainsi que trois mélodies moraves de Janáček.



Carnets sur sol

5 septembre

Saison 2015-2016 : bilan statistique et subjectif… et putti d'incarnat

Vous l'attendiez, vous n'en pouviez plus. Le voilà. Juillet a été riche, août fut mort ; il est temps de proposer un petit bilan autour des choses vues. D'abord, un retour sur les saisons précédentes. saison 2009-2010 (54 soirées), son bilan statistique , son bilan subjectif ; saison 2010-2011 (43 soirées), son bilan statistique , son bilan subjectif ; saison 2011-2012 (49 soirées), et ses bilans combinés . saison 2012-2013 (73 soirées) et ses bilans combinés . saison 2013-2014 (58 soirées) et ses bilans combinés saison 2014-2015 (69 soirées) et ses bilans combinés . saison 2015-2015 (101 soirées) et ses bilans ci-présent. Cette saison, en plus des statistiques, une grande remise de putti d'incarnat. Comme c'est devenu la tradition, le putto d'incarnat récompense une réalisation exceptionnelle dans le domaine des arts. Seule la rédaction de Carnets sur sol, réunie en collège extraordinaire, est habilitée à le décerner, ce qui garantit son attribution, complètement indépendante, aux meilleurs artistes de notre temps. Hautement respecté, il se matérialise par un putto de van Dyck (ou Lagrenée, selon les années), remis directement au lauréat sous forme d'un carré de pixels. C'est aussi et surtout l'occasion de mettre en valeur certains concerts ou certains interprètes qui sont restés un peu négligés par la presse ou l'exposition publique – mais ce paramètre n'entre pas en considération dans l'attribution des récompenses. (Le jury tient à souligner que ne sont nommés qu'un petit nombre parmi les plus marquants, les autres étant loin de faire figure tocards pour autant…) 1. Liste des spectacles vus Concerts, opéras, théâtre… En voici la liste, dans l'ordre de la saison. Beaucoup ont été commentés, et quelques-uns ont servi de présentation à une œuvre, un genre, une problématique transversale… les liens sont indiqués entre crochets et s'ouvrent dans une nouvelle fenêtre. Hors décompte : août 2015. N'ayant jusqu'ici jamais fait de concert en août, je ne les décompte pas dans la saison pour ne pas fausser les statistiques. a) Parc Floral – polyphonies et chansons – Voces8 [notule ] b) Parc Floral – Brahms, Premier Trio avec piano – Fouchenneret, Julien-Laferrière, H. Cartier-Bresson [notule ] c) Parc Floral – Gossec, Symphonie – Orchestre de Chambre Pelléas [notule ] d) Parc Floral – Beethoven, Concertos pour piano 3 & 5 – Orchestre de Chambre de Paris, F.-F. Guy Puis, de septembre à début juillet : 1. Philharmonie (PP) – Sibelius, Symphonie n°5 – Orchestre de Paris, Paavo Järvi [notule ] 2. Théâtre des Champs-Élysées (TCE) – Weber, Der Freischütz – Gens, Schukoff, Speer, NDR Hambourg, Hengelbrock 3. Maison de la Radio (MR) – Dutilleux, The Shadows of Time / Poulenc, Litanies – Maîtrise de RF, Philharmonique de RF, Mikko Franck 4. Studio 105 – Waed Bouhassoun dans ses propres compositions 5. 38 Riv' – Santiago de Murcia pour harpe et guitare 6. Cité de la Musique (CiMu) – Meisel, Berlin, Die Sinfonie der Großstadt en réduction – Philharmonique de Strasbourg, Strobel [notule ] 7. TCE – R. Strauss, Ariadne auf Naxos – Amber Wagner, Kaufmann, Opéra d'État de Bavière, K. Petrenko [notule ] 8. Gaveau – Monteverdi, L'Orfeo – van Elsacker, Lefilliâtre, van Achten, La Fenice, Tubéry [notule ] 9. PP – Stravinski et Bartók, L'Oiseau de feu et Le Mandarin merveilleux complets – London Symphony, Gergiev [notule ] 10. 38 Riv' – Visée et Dollé pour théorbe et gambe – Thibaut Roussel, Robin Pharo [notule ] 11. PP – Mahler, Symphonie n°3 – Jennifer Johnson, Orchestre de Cleveland, Welser-Möst [notule ] 12. Ménilmontant – Ibsen, John Gabriel Borkman – Compagnie du Tourtour, Claudine Gabay [notule -bilan sur le patrimoine et les lignes de force d'Ibsen] 13. Bastille – Schönberg, Moses und Aron – Castellucci, Graham-Hall, Mayer, Castellucci, Ph. Jordan [notule 1 ] [notule 2 ] 14. PP – Saint-Saëns, Symphonie n°3 – Gabetta, Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] [l'orgue ] 15. Studio 104 – Walton, Symphonie n°1 – D. Pascal, Orchestre Colonne, Petitgirard [notule ] 16. TCE – Britten, Sérénade pour ténor, cor et cordes – Staples, Orchestre de Chambre de Paris (OCP), Boyd [notule ] 17. Saint-Gervais – Motets de Charpentier – Ensemble Marguerite Louise, Gaétan Jarry 18. MR – Tchaïkovski, Symphonie n°1 – Ehnes, Orchestre National de France (ONF), Gardner [notule ] 19. PP – Mahler, Symphonie n°5 – Argerich, Orchestre du Festival de Lucerne, Nelsons [notule ] 20. CiMu – Bach, Motets et Cantates – Ensemble Pygmalion, Pichon 21. Cortot – Cœur : Guédron, Le Roy & friends – Lefilliâtre, Le Levreur, Goubioud, Mauillon, Le Poème Harmonique, Dumestre [notule ] 22. CNSM, salle d'orgue – Telemann, Saint-Saëns, G. Jacob… Hommage à Colette Lequien 23. PP – Clyne, création ; Tchaïkovski, Symphonie n°2 – Bavouzet, Orchestre National d'Île-de-France (dit ONDIF), Mazzola [notule ] 24. Invalides, Grand Salon – LULLY, airs d'Atys, Armide ; Charpentier, Stances du Cid – Madelin, Croux, Benos, Hyon… CNSM, Haïm 25. PP – Dvořák, Symphonie n°7 – Orchestre de Paris, Dohnányi 26. PP – Nono, Prometeo – SWR Freiburg Baden-Baden, Matilda Hofman, Metzmacher [notule , expérience] 27. Bastille – Berlioz [notule], La Damnation de Faust – Hermanis, Koch, Kaufmann, Terfel, Ph. Jordan [notule et huées] 28. PP – LULLY, Armide – M.-A. Henry, Wanroij, Chappuis, Auvity, Mauillon, Les Talens Lyriques, Rousset [notule ] 29. Cité des Arts – Hahn, Koechlin, Ravel, Emmanuel pour violon et piano – Moraly, R. David [notule ] 30. CNSM, salle d'orgue – Fauré, Vierne, Hakim pour orgue – Kumi Choi [notule ] 31. PP – Magnificat de Bach, Psaume et Cantate de Mendelssohn – Orchestre de Paris, Hengelbrock [notule ] 32. Vieux-Colombier – Goldoni, I Rusteghi – comédiens-français [notule ] 33. CNSM, salon Vinteuil – Marx, pièces pour quatuor avec piano – étudiants du CNSM [notule ] 34. MR – Scherzo de Suk, Concerto pour violoncelle n°1 révisé et Symphonie n°6 de Martinů – J. Moser, Philharmonique de Radio-France (OPRF), Hrůša [notule ] 35. MR – Haydn 103, Mozart concerto 23, Schubert n°5 – OPRF, Norrington [notule ] 36. MR – Tchaïkovski, Symphonie n°5 – ONF, Gatti [notule ] 37. MR – Dutilleux, Symphonie n°2, Métaboles… – OPRF, Kwamé Ryan [notule ] 38. TCE – Garayev, Thilloy, Debussy (Nocturnes), Poulenc (Les Biches) – Orchestre Lamoureux, Antoine Marguier [notule ] 39. PP – Hommage à Boulez – Damiens, Ensemble Intercontemporain, Orchestre de Paris, P. Järvi… [notule ] 40. PP – Bruckner, Symphonie n°5 – Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] 41. Billettes – Airs de cour baroques espagnols – Kusa, Egüez [notule ] 42. Opéra Royal – Godard, Dante – Gens, Montvidas, Radio de Munich, Schirmer [notule , présentation de l'œuvre] 43. PP – Bartók, Le Prince de bois – Orchestre de Paris, Zinman 44. PP – audition d'orgue : Bach, transcriptions, Widor 6… – Foccroulle, Lefebvre, Latry, Marshall 45. CNSM, salle Fleuret – Beethoven, Ouverture pour Coriolan – étudiants membres du BDE (Bureau des Étudiants) 46. TCE – Haendel, Rinaldo – Lezhneva, Gauvin, Fagioli, Wey, A. Wolf, Il Pomo d'Oro, Montanari [notule plus générale sur les erreurs de falsettistes et de diapasons] 47. PP – Verdi, Requiem – Grimaldi, Lemieux, Pirgu, Pertusi, Orchestre de Paris, Noseda 48. PP – Mendelssohn, symphonies 2 & 3 – RIAS Kammerchor, Chamber Orchestra of Europe, Nézet-Séguin [notule ] 49. PP – Mendelssohn, symphonies 1, 4 & 5 – Chamber Orchestra of Europe (COE), Nézet-Séguin [notule ] 50. Sainte-Élisabeth – Charpentier, motets pour le Port-Royal – Achille, Boudet, Le Vaisseau d'Or, Robidoux [notule ] 51. PP – Sibelius, Symphonie n°3 – Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] 52. PP – Bruckner, Symphonie n°9 – OPRF, Inbal [notule ] 53. MR – Soir de Fête de Chausson, Printemps de Debussy, Les Animaux modèles de Poulenc – Latry, ONF, Gabel [notule ] 54. MR – Lalo-Coquard, La Jacquerie – OPRF, Davin [notule ] 55. Studio 104 – Musique de chambre de Castillon, Saint-Saëns et Fauré – membres de l'ONF, Girod [notule ] 56. Théâtre de la Porte Saint-Martin – Massenet, Don César de Bazan – Revault d'Allonnes, Dumora, Sarragosse, Les Frivolités Parisiennes 57. TCE – airs et duos de LULLY, Charpentier, Rameau, Leclair – von Otter, Naouri, Le Concert d'Astrée, Haïm [notule ] 58. Châtelet – Sondheim, Passion – Ardant, E. Spyres, Dessay, K. McLaren, R. Silverman, Thantrey, A. Einhorn [notule ] 59. CiMu – Bource, The Artist – Hazanavicius, Brussels Philharmonic, Ernst Van Tiel [notule ] 60. CiMu – Symphonie en ut de Bizet, Concerto pour hautbois de R. Strauss – Leleux, COE, Pappano [notule ] 61. CNSM, salle Fleuret – Récital-spectacle Kosma – Vittoz, H. Deschamps, Fanyo, A. Bertrand, Woh, Worms… [notule ] 62. Musée d'Orsay – Pillois, et mélodies orientales de Saint-Saëns, Caplet, Delage, Stravinski… – Brahim-Djelloul, Garde Républicaine [notule ] 63. Hôtel de Soubise – Schubert 13, Ravel, Boutry – Quatuor Akilone [notule du concert] 64. Bastille – Wagner, Die Meistersinger – Herheim, Kleiter, Keitel, Spence, Jovanovich, Skovhus, Finley, Groissböck, Ph. Jordan [notule et les bizarres longueurs wagnériennes] 65. CNSM, salle Fleuret – « Notre Falstaff », d'après Nicolai notamment – Cordoliani, (jeunes) étudiants du CNSM, Molénat [notule sur la méthodologie] 66. PP – Sibelius, Symphonie n°4 – Bell, Orchestre de Paris, Paavo Järvi [notule sur la place du soliste] 67. CNSM, salle d'art lyrique – Transcriptions d'opéra pour un ou deux pianos à deux ou quatre mains – Classe d'Erika Guiomar (Lucie Seillet, Rémi Chaulet, Pierre Thibout, Nicolas Chevereau…) [notule ] 68. TCE – Persée de LULLY dans la révision de Dauvergne, Bury et Francœur en 1770 – Guilmette, Santon, Kalinine, C. Dubois, Vidal, Christoyannis, Teitgen, Le Concert Spirituel, Niquet [longue notule ] 69. CNSM, salle d'art lyrique – Liederabend Zemlinsky par la classe d'Anne Le Bozec – Madelin, Garnier, Feix, Spohn, Bunel, Benos, Boché, Worms, Spampanato… [notule ] 70. Lycée d'État Jean Zay, salon de réception – La Création de Haydn en français – Le Palais Royal, Sarcos [notule ] 71. Théâtre Trévise – Adam, Le Farfadet – Les Frivolités Parisiennes [notule ] 72. Ancien Conservatoire – La Création de Haydn en français – Bello, R. Mathieu, Tachdjian, Le Palais Royal, Sarcos [notule ] 73. PP – Grieg, Concerto pour piano ; Dvořák, Symphonie n°8 – Tonhalle de Zürich, Bringuier [notule autour de l'importance de la vue] 74. PP, salle de répétition – Beethoven, Symphonie n°7 pour nonette à vent – souffleurs de l'Orchestre de Paris [notule : éditions et la discographie] 75. 38 Riv' – Quatuors de Haensel, Auber et I. Pleyel – Quatuor Pleyel [notule sur les œuvres] 76. Palais Garnier – Ballets de Paulli, Sauguet et Damase – École de Danse de l'Opéra, Orchestre des Lauréats du CNSM 77. MR – Schumann, Symphonie n°3 – OPRF, Norrington 78. Église de Joinville-le-Pont – Autour d'Ariane : Haendel, Vivaldi, Marcello, Marais , Mouret , Benda – Lohmuller, Ensemble Zaïs, B. Babel [notule sur les œuvres] 79. Bastille – Rigoletto de Verdi – Guth, Peretyatko, Kasarova, Fabiano, Kelsey, Siwek, Luisotti [notule ] 80. MR – Beethoven, Symphonie n°2 – OPRF, Koopman 81. MR, studio 104 – Franck, chœurs ; Aboulker, Boule de Suif – Maîtrise de Radio-France 82. CiMu – Airs de Charpentier & co – Petibon, Amarillis, Cochard, H. Gaillard 83. TCE – Wagner, Tristan und Isolde – Audi, Nicholls, Breedt, Kerl, Polegato, Humes, ONF, Gatti [notule ] 84. Notre-Dame-de-Paris – Credo de MacMillan, Requiem de Fauré – Maîtrise de NDP, OCP, J. Nelson 85. CRR – Campra, L'Europe Galante – Étudiants en musique ancienne du CRR 86. CRR – Mélodies orchestrales de Marx, Concerto pour violoncelle de J. Williams – Orchestre des étudiants du CRR 87. PP – Concerto pour violoncelle n°2 de Dvořák, Symphonie Fantastique de Berlioz – G. Capuçon, Capitole de Toulouse, Sokhiev 88. Bastille – R. Strauss, Der Rosenkavalier – Wernicke, E. Morley, Kaune, Houtzeel, Demuro, Gantner, P. Rose, Ph. Jordan 89. TCE – Spontini, Olympie (version originale) – Gauvin, K. Aldrich, M. Vidal, Le Cercle de l'Harmonie, Rhorer 90. Cinéma Le Balzac – Busatto, The Black Pirate (sur le film d'A. Parker écrit par Fairbanks) – Busatto himself [notules ] 91. Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux – Puccini, La Bohème – Galvez-Vallejo, Ut Cinquième 92. CNSM, salle d'art lyrique – Récital de fin d'études de Master 2 – pas du tout aimé, garde le nom secret pour ne pas nuire à la chanteuse [notule ] 93. Palais Garnier – Reimann, Lear – Bieito, Dasch, Merbeth, Alisch, A. Conrad, Skovhus, Luisi [notule ] 94. PP – Mahler, Symphonie n°3 – DeYoung, Orchestre de Paris, P. Järvi [notule ] 95. Palais Garnier – Adam & tripatouilleurs , Le Corsaire – Petipa-Sergueyev-A.M.Holmes, Rojo, Hernández, Corrales, Saruhashi, Orchestre Colonne [longue notule ] 96. CiMu – Cantates de Liszt et Gounod (sainte Cécile et saint François) – Deshayes, Barbeyrac, Sempey, OCP, Équilbey 97. Hôtel des Menus-Plaisirs – extraits d'Alcide de Marais & Louis Lully – chantres du CMBV, membres des CRR de Versailles et Cergy, van Rhijn 98. Cour de Guise (à Soubise) – Spanisches Liederspiel de Schumann, Neue Liebeslieder Waltzes de Brahms – Perbost, Zaïcik, P. García, Raschke, Ambroselli Brault, Williencourt 99. Cour de Guise – Quatuors avec piano, n°1 de Fauré et n°3 de Brahms – Trio Karénine, Sarah Chenaf 100. Cité Internationale des Arts – Programme Georges Migot (violon-piano, poèmes) – Couic Le Chevalier, Hosoya [lien ] 101. Cour de Guise – Quatuor n°8 de Beethoven, Quintette avec piano de Brahms – Akilone SQ , Williencourt C'est beaucoup, et pourtant quasiment que des très grandes soirées. 2. Commentaires manquants Grande résurrection inattendue d'une œuvre crue détruite dans l'incendie de l'Opéra-Comique, finalement partiellement retrouvée et tout à fait reconstruite, Don César de Bazan, composé tôt dans sa carrière (juste après Le Roi de Lahore, son premier) figure parmi les toutes dernières partitions inédites de Massenet pour l'opéra. La plupart de ce qui reste se résume à des œuvres légères de prime jeunesse ou à des œuvres inachevées et souvent perdues (La Coupe du Roi de Thulé sur le livret d'É. Blau et Gallet figure parmi les plus intriguantes). Des œuvres écrites après sa trentième année et non perdues, il n'y a plus guère que Bacchus qui n'ait pas été remonté (il me semble) et qu'Ariane et Panurge qui ne disposent pas d'enregistrement officiel. Le résultat s'est révélé remarquable : œuvre d'essence plutôt légère, mais dont la musique n'est nullement triviale, Bazan explore la vie supposée du personnage plaisant de Ruy Blas de Hugo ; la pièce de théâtre initiale (écrite près de 30 ans plus tôt par le futur librettiste de Massenet, en collaboration avec l'ancien directeur du Théâtre des Variétés) est commandée par le créateur du rôle chez Hugo qui voulait conserver son personnage tout en ayant le premier rôle. L'opéra de Massenet qui se fonde sur lui est une sorte de vaudeville (mais au contenu musical très développé et sérieux, comme un opéra comique) qui joue avec la mort (et se laisse quelquefois rattraper), débutant en beuverie, se constellant d'amitiés sincères, culminant avec une évasion, et finissant par faire du frippon le mari le plus soucieux des convenances (assez étonnant comment cet opéra au ton supposément canaille finit par laisser au transgresseur les clefs des convenances les plus bourgeoises), mettant à la porte le roi. Plaisant, vif, plein de séductions, et servi par une équipe musicale extraordinaire (en particulier Dumora et Sarragosse, et par-dessus tout l'orchestre des Frivolités Parisiennes, du grand premier choix !), une résurrection méritée dans les murs mêmes où le Don César en version parlée fut créé – Théâtre de la Porte Saint-Martin. Pas eu le loisir non plus de dire mon émerveillement devant le programme des danseurs de l'École de l'Opéra, et pas seulement à cause de l'enthousiasme et de la qualité des jeunes interprètes, d'une qualité d'expression rarement vue, pour ma part, chez leurs aînés. Trois ballets courts. La musique de Paulli est peut-être la pire chose que j'aie entendu… certes, il s'agit d'imiter une école de danse et la muzak qui y sévit, mais même un exercice d'harmonie de première année sonne mieux, on dirait que le but est de produire la plus mauvaise musique possible sans enfreindre aucune règle. À côté, Anna Bolena, c'est déroutant et tendu comme Pierrot Lunaire. Presque physiquement violent. En revanche, belle réussite pour Les Forains de Roland Petit, jolie histoire mélancolique sur une musique de Sauguet qui tire adroitement parti de l'univers du cirque, avec beaucoup de couleurs et d'assemblages un peu crus et très variés ; et surtout, surtout, l'éblouissement du Piège de lumière de John Taras, avec une musique lyrique du Damase des grands jours, nullement répétitif ou prévisible, osant des coloris sombres qui lui sont moins familiers, même dans les tourments de L'Héritière ou les trahisons de Colombe . L'argument du ballet est lui-même très inhabituel et assez prenant, pour une fois : des détenus d'un pénitencier s'échappent , et bien sûr de rayonnants épanchements.dans la forêt vierge. Pris par la soif, l'un d'eux voit des papillons s'ébattre autour de lui comme dans un délire. L'occasion de sacrés contrastes visuels et sonores, et une intrication de deux sujets incompatibles très réussie. Entendre le Rosenkavalier en salle a été une expérience extraordinaire : contrairement au disque, l'orchestre domine et la finesse de l'écriture, la récurrence des motifs frappent en pleine figure ; c'est toute la science de Wagner au service d'une expression guillerette, mais pas moins raffinée ni profonde. Une des expériences musicales les plus impressionnantes que j'aie faites, alors même que je ne suis (toujours) pas un gros client de l'œuvre au disque – chez le Strauss « conversationnel », j'aime davantage Intermezzo et surtout Arabella. Mais le Rosenkavalier, malgré son livret pas complètement bien proportionné, justifie sa haute réputation par l'ambition de sa musique, très impressionnante. (Par ailleurs, cette fois-ci, les qualités de détail de Philippe Jordan, audibles à la radio mais pas toujours en salle, étaient complètement perceptibles, ce qui ajoutait à l'impression d'extraordinaire.) En fin de saison, quelques grands moments d'émotion toute nue, avec de la musique de chambre interprétée avec chaleur (n°99 & 101) : entendre ces œuvres bien structurées s'épanouir dans l'acoustique sobre d'une cour d'hôtel, dans une atmosphère qui n'a pas du tout les pesanteurs de la saison officielle (où, surtout à Paris, le public vient souvent à l'adulation ou à la curée), et par de jeunes musiciens encore émerveillés de toucher à ces chefs-d'œuvre (quoique parfaitement aguerris), c'est la musique brute, au delà de toutes les questions accessoires. Dans certains cas, partition (discrètement) en main, pour profiter de tous les détails. L'impression de revenir à l'essentiel, d'une certaine façon. 3. Statistiques 3a. Statistiques : lieux fréquentés Septième saison francilienne, et cependant encore un assez respectable taux de renouvellement des salles : 101 soirées, 43 lieux, dont 15 nouveaux. Soit un tiers de lieux inédits (notés en gras). (Philharmonie 1 & 2 : 30) Philharmonie : 22 (MR total : 14) (Conservatoires total : 13) MR auditorium : 10 TCE : 10 (CNSM total : 9) (Opéra de Paris total : 8) CiMu : 7 Opéra Bastille : 5 (Soubise total : 4) Parc Floral : 4 -- CNSM (salle Fleuret) : 3 CNSM (Salle d'art lyrique) : 3 MR Studio 104 : 3 Palais Garnier : 3 Hôtel de Soubise (cour de Guise) : 3 38Riv' : 3 CNSM, salle d'orgue : 2 CRR Auditorium Landowski : 2 Cité Internationale des Arts : 2 Versailles (Opéra Royal) : 1 Musée d'Orsay : 1 Billettes : 1 Gaveau : 1 Salle Cortot : 1 Invalides (grand salon) : 1 Châtelet : 1 Hôtel de Soubise (salon) : 1 Hôtel des Menus-Plaisirs : 1 Salle des Concerts du Vieux Conservatoire : 1 Salle de répétition 1 de la Philharmonie : 1 CNSM, salon Vinteuil : 1 NDP, côté portail Ouest : 1 Saint-Gervais : 1 Notre-Dame des Bancs Manteaux : 1 Sainte-Élisabeth-du-Temple : 1 Église Saint-Charles de Joinville-le-Pont : 1 MR Studio 105 : 1 Théâtre de la Porte Saint-Martin : 1 Théâtre Trévise : 1 Vieux-Colombier : 1 Théâtre de Ménilmontant : 1 Cinéma Le Balzac : 1 Grand Salon du Lycée d'État Jean Zay : 1 Sans doute liée à la fermeture de théâtres lyrique comme l'Opéra-Comique et l'Athénée (et aussi à la programmation sympa, à l'effet de nouveauté, etc.), claire avance de la Philharmonie, et de Radio-France (gonflé par les places impossibles à revendre, précisons-le…). Présence significative des conversatoires, des Champs-Élysées, contre-performance de Versailles (malgré le très beau programme !), de l'Opéra de Paris, des Billettes (ce sera peut-être pire la saison prochaine vu le programme très italien-XVIIIe), du Musée d'Orsay (toute la bonne came est le midi en semaine, et c'est encore pire pour la saison à venir !). 3b. Statistiques : genres écoutés Pour la première fois, il me semble, l'opéra n'est pas en première place, grosse orgie symphonique. Belle proportion de musique de chambre aussi, ça manquait cruellement les années passées. Symphonique : 36 (dont baroque 2, classique 8, romantique 21, décadent 7, moderne 14, néo- 1, cœur XXe 3, contemporain 9) Opéra : 21 (dont 8 scéniques, 10 en concert – et les autres ? ; dont 10 en français, 7 en allemand, 4 en italien ; dont premier baroque 1, tragédie lyrique 5, seria 1, opéra comique 1, grand opéra 3, romantique 5, décadent 2, atonal 1, contemporain 1) Chambre : 18 (dont baroque 3, classique 2, romantique 7, décadent 2, moderne 6,contemporain 3 ; violon-piano 1, violon orgue 1, quatuor piano-cordes 1, quatuor 5, piano 5, nonette à vent 1) Lied & mélodie : 11 (dont airs espagnols 1, air de cour 2, mélodies françaises 2 ; avec ensemble 1, avec orchestre 4, en quatuor vocal 1) Musique vocale sacrée : 11 (dont baroque allemand 2, baroque français 2, classique 2, XIXe français 2, XIXe italien 1, XIXe allemand II, XXe 1, XXIe 1) Orgue : 6 (dont baroque 3, moderne 3, contemporain 1, improvisations 2) Récital d'opéra : 6 (tragédie lyrique 4, seria 1, diplôme 1) Improvisations : 5 Ballet : 4 (scénique 2, triple-bill 2, concert 2) Ciné-concert : 3 Théâtre : 4 (dont Ibsen 1) Chœurs profanes : 2 Spectacle musical : 4 Traditionnel : 2 Chanson : 2 Piano : 2 Jazz : 1 Pop : 1 Comédie musicale : 1 Vous noterez que les récitals vocaux sont à peu près exclusivement dévoués au lied, à la mélodie et à la tragédie en musique… Prendre en tranches les parties les moins intéressantes des opéras les plus rebattus, bof. Très peu de théâtre cette année, faute de temps vu la place occupée par les concerts… (et puis un seul Ibsen autre que Dukkehjem) Quelques titres supplémentaires cet été – Marivaux avec chants a cappella à la Comédie Nation, La Poupée sanglante d'après Gaston Leroux à la Huchette, également jubilatoires – mais ils entreront dans la statistique de la saison prochaine. 3c. Statistiques : époques musicales traditionnel : 2 XVIe1 : 1 XVIe2 : 3 XVIIe1 : 6 XVIIe2 : 14 XVIIIe1 : 16 XVIIIe2 : 14 XIXe1 : 23 XIXe2 : 47 XXe1 : 35 XXe2 : 18 XXIe : 17 En réalité plus représentatif de l'offre que de choix réels, mais il est certain qu'à la jointure du XIXe et du XXe siècles, les grandes machines orchestrales des symphonies et des opéras ont une réelle plus-value avec l'impact physique de la salle. Ce sont aussi des musiques complexes qui bénéficient d'une écoute attentive et d'un support visuel. Mais clairement, il y aurait plus d'offre en XVIIe, l'écart ne serait pas du tout le même. 3d. Statistiques : orchestres et ensembles 28 orchestres, dont 13 découvertes en salle, soit près de la moitié (notés en gras). Et beaucoup de grands noms ou de découvertes assez épatantes. Orchestre de Paris 11 (+ membres 1) Orchestre Philharmonique de Radio-France 9 Orchestre de l'Opéra de Paris 6 Orchestre National de France 4 (+ membres 1) Orchestre de chambre de Paris 4 Chamber Orchestra of Europe 3 Les Frivolités Parisiennes 2 Orchestre Colonne 2 Orchestre National d'Île-de-France LSO Radio de Munich Capitole de Toulouse Orchestre Philharmonique de Strasbourg Ut Cinquième Orchestre des Lauréats du CNSM Orchestre des Étudiants du CNSM Orchestre du Bureau des Étudiants du CNSM Orchestre des Jeunes du CRR Orchestre Lamoureux Brussels Philharmonic Tonhalle Zürich Elbphilharmonie de la NDR de Hambourg Le Palais-Royal Orchestre du Festival de Lucerne Orchestre Symphonique de Cleveland Opéra de Munich (Bayerisches Staatsorchester) SWR Freiburg Baden-Baden Orchestre de chambre Pelléas Arrêt des Putti d'incarnat Meilleur orchestre de la saison, sont nommés : Brussels Philharmonic (The Artist de Bource), Tonhalle de Zürich (concerto pour piano de Grieg), Orchestre de Paris (Sibelius 3,4,5), Orchestre National d'Île-de-France (Tchaïkovski 2, Clyne), Les Frivolités Parisiennes (Le Farfadet, Don César de Bazan), Chamber Orchestra of Europe (Symphonies de Mendelssohn et Bizet), Opéra de Paris (Rosenkavalier). ♥♥ Attribué à : Orchestre National d'Île-de-France. Pas le plus virtuose malgré de superbes cordes graves (la petite harmonie est clairement en deçà des standards des grands orchestres), mais à chaque fois une intensité hors du commun et l'exaltation palpable des musiciens. N'a pas de prix. [notule ] ♥ Dauphin : Les Frivolités Parisiennes. Quelle divine surprise, avec de ce qui devrait théoriquement être un orchestre de cacheton (ou de professionnels passionnés mais de seconde zone), de rencontrer un orchestre d'une précision remarquable, et de dotés de timbres personnels et chaleureux, un vrai son français au meilleur sens du terme, franc, doté d'un grain très physique, et sans les défauts d'approximation ou de laideur qu'on y associe souvent. [notule ] De même, un assez grand nombre d'ensemble sur instruments anciens (et 8 sur 14 étaient des premières écoutes en salle) : Les Talens Lyriques Le Cercle de l'Harmonie Le Concert Spirituel Le Concert d'Astrée Ensemble baroque du CNSM Ensemble Pygmalion Ensemble La Fenice Il Pomo d'Oro Ensemble Zaïs Ensemble Pulcinella Ensemble Marguerite Louise Le Vaisseau d'or Étudiants de Versailles et Cergy autour de Marie van Rhijn Orchestre issu du département de musique ancienne du CRR de Paris Arrêt des Putti d'incarnat Meilleur ensemble sur instruments anciens de la saison, sont nommés : Les Talens Lyriques (Armide de LULLY), Le Cercle de l'Harmonie (Olympie de Spontini), La Fenice (Orfeo de Monteverdi), Ensemble baroque du CNSM (récital LULLY dirigé par Emmanuelle Haïm), Ensemble Zaïs (autour d'Ariane), Il Pomo d'Oro (Rinaldo de Haendel), Ensemble Pulcinella (récital Magiciennes de Petibon), Ensemble Marguerite Louise (motets de Charpentier) ♥♥ Attribué à : La Fenice. La variété des couleurs d'ensemble est formidable, mais c'est plus encore la présence individuelle de chaque interprète qui impressionne (à commencer par le cornetiste-chef, la violoniste-soprano, ou le théorbiste-baryton Nicolas Achten). En plus, une vision assez renouvelée et cohérente d'un bijou rabâché – L'Orfeo. [notule ] ♥ Dauphin : Ensemble baroque du CNSM. Quel sens du style ! Il Pomo d'Oro dans le seria, à la fois virevoltant et sans tropisme pour les effets extérieurs, ou bien la finesse du continuo de l'Ensemble Zaïs méritaient les plus beaux éloges. Enfin, deux ensembles spécialistes en musique contemporaine : Ensemble Intercontemporain (hommage à Boulez) Ensemble Recherche (participant au Prometeo de Nono) 3e. Statistiques : chœurs 22 formations, dont 10 nouvelles. Chœur ONP x5 Chœur OP x4 Maîtrise de Radio-France x2 Chœur RF x2 Maîtrise OP Maîtrise NDP Radio Flamande Radio Bavaroise WDR Köln NDR Chor Chœur Lamoureux Accentus Frivolités Parisiennes Le Palais-Royal Chœur ad hoc Châtelet Sondheim Pygmalion Concert Spirituel Le Vaisseau d'or RIAS Kammerchor Schola Heidelberg Chœur de chambre de Namur Voces8 Voces8 est un peu à part, étant un ensemble à 8 (extraordinaire collectivement, individuellement, stylistiquement…). Une référence aussi bien pour les Motets de Bach que pour les transcriptions de standards de jazz. Arrêt des Putti d'incarnat Meilleur chœur de la saison, sont nommés : Chœur de l'Orchestre de Paris (Requiem de Verdi), Maîtrise de Radio-France (Litanies de Poulenc, Chœurs de Franck), Chœur du Palais-Royal (La Création de Haydn en français), Chœur féminin du Vaisseau d'or (Messe du Port-Royal de Charpentier) Chœur de l'Orchestre de Paris ♥♥ Attribué à : Chœur de l'Orchestre de Paris. [notule ] ♥ Dauphin : Maîtrise de Radio-France. 3f. Statistiques : chefs 64 chefs d'orchestre, dont 37 entendus pour la première fois en salle (et un certain nombre tout simplement découverts dans l'absolu). Chefs multi-fréquentés Paavo Järvi x7 (OP) Philippe Jordan x4 (Opéra de Paris) Emmanuelle Haïm x2 (Ensemble baroque du CNSM, Concert d'Astrée) Daniele Gatti x2 (ONF) Roger Norrington x2 (OPRF) Thomas Hengelbrock x2 (NDR Hambourg, OP) Jean-Philippe Sarcos x2 (fondateur Palais Royal) Avec orchestres franciliens Fabio Luisi (Opéra de Paris) Nicola Luisotti (Opéra de Paris) Christoph von Dohnányi (OP) Gianandrea Noseda (OP) David Zinman (OP) Edward Gardner (ONF) Fabien Gabel (ONF ; ancien assistant de Zinman) Mikko Franck (OPRF) Eliahu Inbal (OPRF) Ton Koopman (OPRF) Patrick Davin (OPRF) Jakub Hrůša (OPRF) Kwamé Ryan (OPRF) Andy Einhorn (OPRF dans Sondheim) Douglas Boyd (OCP) John Nelson (OCP) Laurence Équilbey (OCP) François-Frédéric Guy (OCP) Enrique Mazzola (ONDIF) Guillermo García Calvo (Lauréats du CNSM dans Sauguet et Damase) Xavier Delette (Orchestres des Jeunes du CRR) Marion Ladrette (Orchestres des Jeunes du CRR) François Boulanger (Garde Républicaine) Matthias Pintscher (EIC) Laurent Petitgirard (Colonne) Gavin Sutherland (Colonne) Antoine Marguier (Lamoureux) Mathieu Romano (Frivolités Parisiennes – Bazan) Nicolas Simon (Frivolités Parisiennes – Farfadet) Benjamin Levy (fondateur orchestre de chambre Pelléas ; ancien assistant de Zinman) chefs du BDÉ du CNSM Romain Dumas (Ut Cinquième) Avec orchestres invités Frank Strobel (Philharmonique de Strasbourg) Tugan Sokhiev (Toulouse) Ernst Van Tiel (Brussels Philharmonic) Yannick Nézet-Séguin (COE) Antonio Pappano (COE) Valery Gergiev (LSO) Ingo Metzmacher (SWR Baden-Baden Freiburg) Matilda Hofman (SWR Baden-Baden Freiburg) Andris Nelsons (Lucerne) Lionel Bringuier (Tonhalle Zürich) Ulf Schirmer (Radio de Munich) Kirill Petrenko (Opéra de Munich) Franz Welser-Möst (Cleveland) Putti d'incarnat Meilleur chef d'orchestre, sont nommés : Paavo Järvi (Sibelius 5, Bruckner 5), Philippe Jordan (Rosenkavalier), Roger Norrington (Haydn), Christoph von Dohnányi (Dvořák 7), Gianandrea Noseda (Requiem de Verdi), David Zinman (Le Prince de bois de Bartók), Edward Gardner (Tchaïkovski 1), Eliahu Inbal (Bruckner 9), Ton Koopman (Beethoven 2), Jakub Hrůša (Martinů 6 & Premier Concerto pour violoncelle), Kwamé Ryan (Métaboles), Enrique Mazzola (Tchaïkovski 2), Frank Strobel (Berlin de Meisel), Yannick Nézet-Séguin (Intégrale Mendelssohn), Antonio Pappano (Symphonie en ut de Bizet), Valery Gergiev (L'Oiseau de feu de Stravinski), Mikko Franck (Poulenc, Dutilleux). ♥♥ Attribué à : Honnêtement, pas possible de choisir entre les structures de Järvi, le détail poétique de Jordan, le tranchant de Dohnányi, l'élan de Noseda et Zinman, l'intensité d'Inbal et Gardner, le goût parfait de Koopman… Mais puisqu'il faut bien en distinguer quelques-uns, alors ce seront Mazzola, Koopman, Järvi et Inbal. Et Gardner, et Dóhnanyi, et Jordan, et Strobel… Stop, stop, c'est reparti ! Avec ensembles sur instruments anciens Emmanuelle Haïm x2 (Ensemble baroque du CNSM, Concert d'Astrée) Jean Tubéry Hervé Niquet Christophe Rousset Vincent Dumestre Jérémie Rhorer Raphaël Pichon Gaétan Jarry (Ensemble Marguerite Louise) Héloïse Gaillard (Pulcinella) Marie van Rhijn (Étudiants de Versailles et Cergy) Sébastien Marq (Département Musique Ancienne CRR Paris) Stefano Montanari (chef invité par Il Pomo d'Oro) Martin Robidoux (fondateur Vaisseau d'Or) Meilleur chef d'ensemble spécialiste, sont nommés : Vincent Dumestre (Guédron & Friends), Jean Tubéry (L'Orfeo), Emmanuelle Haïm (LULLY avec le CNSM, surtout pas avec son ensemble !), Héloïse Gaillard & Violaine Cochard (Pulcinella), Marie van Rhijn (Alcide de Marais), Sébastien Marq (L'Europe galante), Stefano Montanari (Rinaldo). ♥♥ Attribué à : Vincent Dumestre toujours à la pointe des meilleurs arrangements dans l'air de cour du début du XVIIe siècle. ♥ Dauphine : Emmanuelle Haïm pour son travail avec les étudiants du CNSM dans LULLY (le récital du même répertoireavec son ensemble sentait au contraire la routine et le peu d'entrain…). 3g. Statistiques : metteurs en scène & chorégraphes Wernicke, Bieito, Guth, Herheim, Hermanis, Castellucci, les metteurs en scène les plus en vogue se sont succédés dans ma saison scénique (pourtant limitée en nombre). Dominique Pasquet (Les Sincères de Marivaux) Jean-Louis Benoît (I Quattro Rusteghi de Goldoni) Alvis Hermanis (La Damnation de Faust de Berlioz-Nerval-Gandonnière) Claus Guth (Rigoletto de Verdi & Piave) Pascal Neyron (Le Farfadet d'Adam & Planard) Anna-Marie Holmes (chorégraphie pour Le Corsaire d'Adam, d'après celle de Sergueïev – d'après celle de Petipa) August Bournonville (chorégraphie pour Conservatoire de Holger-Simon Paulli) Stefan Herheim (Die Meistersiner von Nürnberg de Wagner) Claudine Gabay (John Gabriel Borkman d'Ibsen) Damien Bigourdan (Don César de Bazan de Massenet & d'Ennery, Dumanoir, Chantepie) Herbert Wernicke (Der Rosenkavalier de R. Strauss & Hofmannsthal) Romeo Castellucci (Moses und Aron de Schönberg) John Taras (chorégraphie pour Piège de lumière de Damase) Roland Petit (chorégraphie pour Les Forains de Sauguet) Calixto Bieito (Lear de Reimann & Henneberg-Zimmer) Fanny Ardant (Passion de Sondheim & Lapine) Éric Chantelauze (La Poupée sanglante de Didier Bailly & Jérôme Chantelauze) Je ne compte pas les mises en espace de circonstance (Kosma et Notre Falstaff au CNSM, L'Europe Galante au CRR, Alcide aux Menus-Plaisirs, ni La Favola d'Orfeo par Tubéry à Gaveau, remarquablement suggestive d'ailleurs, avec ses musiciens chantants qui se lèvent ou apparaissent dans les loges !). Chacun assez conforme à ses habitudes : Hermanis un peu perdu par ses propres concepts (potentiellement stimulants, mais tellement déconnectés de la scène), Guth dans un bon jour pas trop hardi (le double de Rigoletto ne dit pas grand'chose, en revanche le carton mobile est très beau et renvoie efficacement les voix), Herheim dans l'univers où il excelle (niveaux de lecture multiples, beauté plastique, lisibilité et direction d'acteurs permanente, même chez ceux qui se taisent), Castellucci plaisant visuellement sans chercher à construire un récit, Wernicke que je n'avais jamais vu aussi subtil (malgré les reprises en son absence, gestuelle très précise et riche)… chacun a fait ce qu'on attendait de lui. Seul Bieito m'a paru décevant eu égard à ses standards : peu d'usage de la profondeur de scène, personnages peu caractérisés, ensemble plutôt statique, et un peu comme la musique, grande uniformité des aspects visuels gris. Dans le genre sombre, très loin de la réussite de son Wozzeck magnétique, par exemple. En revanche, beaucoup de choses très impressionnantes dans les petites salles : la finesse des dialogues se prolonge dans de délicats intermèdes musicaux a cappella chez Dominique Pasquet (nouveau collectif Les Sincères), la place laissée par Jean-Louis Benoît à la verve des meilleurs acteurs comiques du Français (Hecq, Raffaelli…), la vie apportée à un petit opéra comique par Pascal Neyron, l'adroite scénographie avec des moyens limités chez Damien Bigourdan, et l'inventivité épatante de cette fresque racontée à trois acteurs dans la Poupée de Chantelauze… autant de régals. S'il fallait faire ici aussi une remise de prix, ce serait par la force des choses Herheim (virtuose au dernier degré) voire Wernicke (dans un ouvrage plus facile à servir, mais fin et plastique à la fois, c'est toujours un enchantement. Mais, avec les moyens très limités (ne serait-ce que l'espace de 10m², sans décor), sans doute encore plus impressionné par la justesse de Pasquet et l'inventivité débridée de Chantelauze. Pour la chorégraphie, musique, sujet, chorégraphie (et même qualité des danseurs), tout plaide pour Piège de lumière, une des grandes musiques de Damase, pas du tout une pièce de circonstance aux ressorts un peu répétitifs (comme ses concertos par exemple), mais au contraire un univers riche et généreux, de plus extrêmement avenant pour tout public (sorte de Poulenc lyricisé). Sur un argument à la fois original et propice aux épanchements féeriques. 3h. Statistiques : instrumentistes Autre nouvelle catégorie. Où l'on recense tous les solistes entendus et distingue quelques chambristes particulièrement remarquables. Pianistes : ► François-Frédéric Guy (Beethoven 3 & 5), Lars Vogt (Brahms 2, puis Mozart), Denis Pascal (dans le Burleske de R. Strauss), Jean-Efflam Bavouzet (Rachmaninov 2), Romain David (Koechlin), Emmanuel Ax (Beethoven 2), Momo Kodama (Mozart 23), Maroussia Gentet (Dutilleux), Pierre Thibout (Tannhäuser), Nicolas Chevereau (Thaïs), Radu Lupu (Beethoven 3), Jean-Yves Thibaudet (Grieg). → Hors solistes internationaux : Pierre Thibout et Nicolas Chevereau (par accompagnateur régulier de L'Oiseleur des Longchamps) se produisaient comme élèves de la classe de direction de chant d'Erika Guiomar. Violonistes : ► Simon Ehnes (Britten), Stéphanie Moraly (Koechlin), Julian Rachlin (Prokofiev 2), Francesca Borrani (tutti Mendelssohn), Gil Shaham (Brahms), Joshua Bell (Tchaïkovski), Émeline Concé (Boutry, Ravel), Fanny Robilliard (Brahms, Quatuor avec piano n°3). → Hors solistes internationaux : Francesca Borrani est violon solo à l'Orchestre de Chambre d'Europe (COE), Émeline Concé est le premier violon du Quatuor Akilone (et aussi chef d'attaque des seconds violons à l'Orchestre Lamoureux), Fanny Robilliard est membre du Trio Karénine (avec piano), et occasionnellement de Musica Antiqua Köln et de l'ensemble baroque du Philharmonique de Berlin. Altistes : ► Beaucoup d'excellents entendus (chefs de pupitre au Philharmonique de Radio-France pour Dutilleux, ou à la Tonhalle de Zürich pour Dvořák…), mais réellement mis en valeur, et de toute façon la plus passionnante, Sarah Chenaf (du Quatuor Zaïde) emporte la palme. Violoncellistes : ► Johannes Moser (Martinů 1 révisé), Sol Gabetta (Saint-Saëns 1), Gautier Capuçon (Dvořák 2). Flûtistes : ► Philippe Bernold (Mozart harpe), Emmanuel Pahud (Widmann), Vincent Lucas (Nielsen), Clara Andrada de la Calle (Bizet, Symphonie). → Hors solistes internationaux : Vincent Lucas est solo à l'Orchestre Paris (venu jouer le concerto de Nielsen), Clara Andrada de la Calle est solo à l'Orchestre de Chambre d'Europe. Ondiste : ► Thomas Bloch (dans Thilloy). Pour beaucoup d'entre eux – sauf Capuçon (entendu dans la même œuvre il y a un peu plus de quinze ans !), Lupu (il y a un peu plus de dix ans), Shaham (idem) et Concé (trois fois rien que cette année !) –, c'était la première fois que je les entendais en salle. Et à présent, les distinctions : Putti d'incarnat Meilleur pianiste de la saison, sont nommés : Emmanuel Ax (Beethoven 2), Romain David (Koechlin), Pierre Thibout (Tannhäuser), Nicolas Chevereau (Thaïs), Radu Lupu (Beethoven 3), Jean-Yves Thibaudet (Grieg). ♥♥ Attribué à : Pierre Thibout. « Rien qu'en plaquant les accords simples de la marche des pèlerins de Tannhäuser, on entendait la causalité de chaque accord, chacun pourvu d'un relief extraordinaire… on entendait Wagner composer ! » [notule ] ♥ Dauphin : Romain David. « il est facile d'être un peu décontenancé et mécanique dans les contrepoints du Koechlin, par exemple, mais ici on sentait au contraire (et plus encore lorsqu'on a l'habitude de l'écouter, le lire ou le jouer) un soin apporté à chaque section. Pas de camouflage à la pédale au piano, pas de régularité négligente, au contraire chaque phrasé semble avoir été patiemment pensé. » [notule ] ♥ … au demeurant très impressionné par la présence sonore d'Emmanuel Ax, dans une œuvre que j'ai longtemps crue (à tort, je l'admets) mineure. Meilleur violoniste de la saison, sont nommés : Simon Ehnes (Britten), Stéphanie Moraly (Koechlin), Francesca Borrani (violon solo du COE, tutti Mendelssohn), Émeline Concé (Boutry, Ravel), Fanny Robilliard (Brahms, Quatuor avec piano n°3). ♥♥ Attribué à : Stéphanie Moraly. « malgré l'acoustique très précise et impitoyable, une interprétation d'une précision extraordinaire (même chez les très bons, une telle justesse d'intonation chez un violoniste, sur un programme aussi long et technique, est rarissime) et travaillée dans ses moindres recoins [...] Stéphanie Moraly présentait très brièvement chaque pièce avec chaleur, aisance, un sens de l'anecdote, [...] un ton très direct [...] et une très jolie voix, souple et mélodieuse. » [notule ] ♥ Dauphine : Émeline Concé. « Le Quatuor Akilone s'exprime par un beau truchement : un son franc, bien étagé, physique, brillant mais sans rondeurs inutiles. Dans Ravel, on a l'impression de revenir aux sources d'un goût français du sans façons, loin des fondus d'orchestre et des épaisseurs confortables. Et, surtout : elles savent phraser ! La moindre articulation du discours est amenée avec naturel, et dans une pièce aussi souvent jouée et enregistrée, elles se frayent un chemin personnel sans le moindre effet appuyé. De la musique en barre, émouvante avant d'être (très) impressionnante. » [notules ] ♥ … et je n'ai jamais vu konzertmeisterin aussi ardente et communicative que Borrani, ni soliste aussi aisé et musical (dans l'assommante choucroute virtuosissime et amélodique de Britten) qu'Ehnes, on aurait pu prolonger la distribution. Meilleur altiste de la saison : Louise Desjardins (Quatuor Akilone) dans le Huitième Quatuor de Beethoven, Sarah Chenaf (Quatuor Zaïde) dans le Troisième Quatuor avec piano de Brahms, Jean-Baptiste Brunier (alto solo de l'OPRF) dans la Seconde Symphonie de Dutilleux. ♥♥ Attribué à : Sarah Chenaf (membre du Quatuor Zaïde, également primé à Bordeaux). Impressionné par sa présence exceptionnelle dans des pièces de musique de chambre (Troisième Quatuor avec piano de Brahms, en particulier) où elle devrait être cachée milieu de l'harmonie, et où elle fait primer chaque détail avec un charisme rare dans ces parties. Meilleur violoncelliste de la saison, sont nommés, sont nommés : Johannes Moser (Martinů 1 révisé), Sol Gabetta (Saint-Saëns 1). ♥♥ Attribué à : Johannes Moser. « … bien que complètement de dos, le son parvenait sans effort, parfaitement timbré (pas du tout ce côté élimé et râpeux fréquent dans le violoncelle concertant, sans être du gros son pour autant)… le tout culminant dans une sarabande de Bach (Première Suite), murmurée mais timbrée comme à pleine puissance, osant même les diminutions dans les reprises. Il pourrait paraître un excellent violoncelliste parmi d'autres, mais dans la salle, on s'aperçoit vraiment qu'il s'agit d'un interprète particulièrement exceptionnel. » [notule ] ♥ Dauphine : Sol Gabetta. En salle, le son un peu poussé ou geignard qu'on entend en retransmission disparaît complètement, et se projette glorieusement, avec assez bon goût d'ailleurs – même si l'on demeure très loin, tout de même, de la classe intersidérale et inaccessible de Moser. Meilleur flûtiste de la saison, sont nommés : ♥♥ Attribué à : Clara Andrada de la Calle. « meilleure flûte solo [du COE] de tous les temps : comment est-il possible de timbrer aussi rondement (et d'exprimer aussi bien) sur ce petit tube dont les plus grands tirent souvent des sons lourdement empreints de souffle ! » [notule ] 3i. Statistiques : chanteurs Comme chaque année, beaucoup d'interprètes exceptionnels dont je ne peux pas forcément parler à chaque fois… Voici leurs noms. Légende : ¶ Formidable comme d'habitude ¶ Opinion améliorée par rapport à une précédente expérience ¶ Première audition en salle Sopranos : ♪ Agathe Boudet (Port-Royal), ♪ Cécile Madelin (Sangaride, Zemlinsky), ♪ Cécile Achille (Port-Royal), ♪ Marie Perbost (Spanisches Liederspiel), ♪ Julia Lezhneva (Almirena), ♪ Marie-Adeline Henry (Armide), ♪ Michaela Kaune (Werdenberg), ♪ Erika Grimaldi (Requiem de Verdi), ♪ Amber Wagner (Ariadne). Mezzo-sopranos : ♪ Eva Zaïcik (Rosina, Spanisches Liederspiel), ♪ Niina Keitel (Lene), ♪ Stephanie Houtzeel (Octavian), ♪ Jennifer Johnson (Mahler 3). Contre-ténors, falsettistes : ♪ Bruno Le Levreur (Guédron), ♪ Paul-Antoine Benos (Cid, Zemlinsky) Ténors : ♪ Paul Belmonte ? / Alexandre Cerveux ? (Alcide – divergence entre les programmes !) ♪ Pablo García (Spanisches Liederspiel), ♪ Oliver Vincent (Voces8), ♪ Serge Goubioud (Guédron), ♪ Kevin Connors (Tanzmeister dans Ariadne), ♪ Jean-Noël Teyssier (Bastien dans Le Farfadet) ♪ Mathias Vidal (Persée, Cassandre), ♪ Fabien Hyon (Atys), ♪ Andrew Staples (Serenade de Britten), ♪ Francesco Demuro (le chanteur italien), ♪ Michael Fabiano (Duca di Mantova), ♪ Saimir Pirgu (Requiem de Verdi), ♪ Jonas Kaufmann (Bacchus, Damnation de Faust), ♪ Brandon Jovanovich (Stolzing), ♪ John Graham-Hall (Aron). Barytons : ♪ Marc Mauillon (Guédron, La Haine), ♪ Nicolas Achten (berger de l'Orfeo), ♪ Andreas Wolf (Argante), ♪ Christian Immler, ♪ Jean-Baptiste Dumora (César de Bazan), ♪ Steven Humes (Marke), ♪ Gerald Finley (Sachs), ♪ Thomas Johannes Mayer (Moses). Basses : ♪ Dingle Yandell (Voces8), ♪ Jean-Claude Sarragosse (Premier Ministre dans Bazan), ♪ Yorck Felix Speer (Cuno), ♪ Günther Groissböck (Pogner), ♪ Peter Rose (Ochs). … les voilà réunis pour une petite remise de prix. Putti d'incarnat Meilleur soprano (léger) de la saison, sont nommées : Agathe Boudet (Port-Royal), Cécile Madelin (Sangaride, Zemlinsky), Marie Perbost (Spanisches Liederspiel), Julia Lezhneva (Almirena). ♥♥ Attribué à : Cécile Madelin. ♥ Dauphine : Marie Perbost. Meilleur soprano (grand format) de la saison, sont nommées : Véronique Gens (Béatrix, Marie), Marie-Adeline Henry (Armide), Michaela Kaune (Werdenberg), Amber Wagner (Ariadne). ♥♥ Attribué à : Véronique Gens. ♥ Dauphines : Amber Wagner, Marie-Adeline Henry. Meilleur mezzo-soprano de la saison, sont nommées : Eva Zaïcik (Rosina, Spanisches Liederspiel), Niina Keitel (Lene), Stephanie Houtzeel (Octavian), Jennifer Johnson (Mahler 3). ♥♥ Attribué à : Eva Zaïcik. ♥ Dauphine : Jennifer Johnson. Meilleur falsettiste de la saison : ♥♥ Attribué à : Paul-Antoine Benos (Cid, Zemlinsky). ♥ Dauphin : Bruno Le Levreur (Guédron). Meilleur ténor (léger) de la saison, sont nommés : Oliver Vincent (Voces8), Serge Goubioud (Guédron), Mathias Vidal (Persée, Cassandre), Fabien Hyon (Atys), Andrew Staples (Serenade de Britten) ♥♥ Attribué à : Mathias Vidal (pour Persée en particulier). ♥ Dauphin : Andrew Staples. Meilleur ténor (grand format) de la saison, sont nommés : Saimir Pirgu (Requiem de Verdi), Michael Fabiano (Duca di Mantova), Jonas Kaufmann (Bacchus, Damnation de Faust), Brandon Jovanovich (Stolzing), John Graham-Hall (Aron). ♥♥ Attribué à : Saimir Pirgu. ♥ Dauphin : Brandon Jovanovich. Meilleur baryton (lyrique) de la saison, sont nommés : Marc Mauillon (Guédron, La Haine), Nicolas Achten (berger de l'Orfeo), Andreas Wolf (Argante), Jean-Baptiste Dumora (César de Bazan). ♥♥ Attribué à : Marc Mauillon. ♥ Dauphins : Andreas Wolf. Meilleur baryton-basse de la saison, sont nommés : Steven Humes (Marke), Gerald Finley (Sachs), Thomas Johannes Mayer (Moses). ♥♥ Attribué à : Steven Humes. ♥ Dauphin : Gerald Finley. Meilleure basse chantante de la saison : ♥♥ Attribué à : Dingle Yandell (Voces8). Meilleure basse noble de la saison, sont nommés : Jean-Claude Sarragosse (Premier Ministre dans Bazan), Yorck Felix Speer (Cuno), Günther Groissböck (Pogner), Peter Rose (Ochs). ♥♥ Attribué à : Yorck Felix Speer. ♥ Dauphin : Günther Groissböck. Je devrais faire la même chose pour les danseurs de ballet, mais j'en ai finalement peu vu, et surtout aimé les petits jeunes de l'Opéra (dans Les Forains de Petit et Piège de lumière de Taras), et l'English National Ballet (Rojo forever)… 4. Ressenti Que souligner, hors l'extrême variété et surabondance de l'offre, très loin d'être épuisée par ce tour d'horizon qui ne reflète que ma pratique personnelle de l'année, le concert n'étant même pas mon premier poste en dépense de temps… Toujours énormément de concerts gratuits (notamment dans les conservatoires, les églises…), originaux, et de haute volée… on peut se faire une saison complète à l'œil, sans rien rogner sur la qualité. Certes, on ne verra pas les orchestres internationaux ni les solistes à la mode, et le niveau individuel de virtuosité sera peut-être (pas systématiquement, loin s'en faut !) moindre. Mais ce sera grand tout de même – car Paris est généreuse. Alors, peut-être souligner la présence de quelques (beaucoup de) superbes raretés, comme les airs de cour de Guédron, le Berlin de Meisel, la Première Symphonie de Walton (symphonie de l'année ?), la Sonate avec violon de Koechlin, etc. Remarqué une fois de plus que le répertoire symphonique français, qui m'exalte tellement au disque, me touche moins fort au concert, à cause de sa forme moins discursive (plus rhapsodique, ou du moins plus contemplative) que les grands monuments germaniques équivalents. Chausson (Soir de fête) et Debussy (Printemps) en l'occurrence, face à Bruckner – que je n'aurais pas dit du même tonnel… La grande surprise des productions lyriques ne provenait pas de Bru Zane cette saison (contrairement au Cinq-Mars fulgurant de Gounod, possiblement son meilleur opéra) : il me semble que la politique de la maison se tourne de plus en plus vers la documentation de ce qui avait du succès au XIXe (David, Joncières…) plus que de ce qui peut marquer notre propre époque. Travail précieux de musicologie et d'historiographie, mais moins stimulant pour le mélomane : Dante de Godard et La Jacquerie Lalo & Coquard n'étaient pas dépourvus de qualités ponctuelles, mais leur inégalité et la faiblesse extrême de leurs livrets expliquent très bien qu'ils n'aient pas été repris au delà de leur propre période. Patrie ! de Paladilhe, La Dame de Monsoreau de Salvayre ou Hernani de Hirchmann, pour se limiter à des titres souvent cités en ces pages (pour le reste, il y en a quelques tombereaux là ). Côté opéra, le grand coup fut frappé, dans le secteur même d'activité de Bru Zane, par Les Frivolités Parisiennes, remarquable compagnie qui emploie les plus fins musiciens (ainsi que d'excellents chefs, chanteurs et metteurs en scène) dans des productions scéniques complètes ; bien que peu subventionnée, elle se produit dans d'adorables théâtres (cette saison, Trévise et Porte Saint-Martin…) avec une qualité de finition épatante et des tarifs très abordables. Pour de l'opéra de veine comique, nul besoin de se forcer à écouter pour la vingtième fois le Barbier de Séville à 50 mètres des chanteurs pour 150€, on a ce qu'il vous faut. Don César de Bazan de Massenet, qu'on avait cru perdu, se révèle, sinon le chef-d'œuvre de son auteur (l'ensemble reste sur un ton en général aimable plus qu'audacieux), une œuvre d'une cohérence et d'une séduction assez imparables. L'année Louis XIV n'a pas permis au CMBV de proposer des explorations majeures en tragédie en musique (plutôt centré cette année sur les célébrations religieuses, programme au demeurant très intéressant.). Cette année, la nouveauté majeure en tragédie lyrique fut le Persée de LULLY dans sa révision massive à un siècle de distance (1682-1770) par Dauvergne, Bury & Francœur, à l'occasion du mariage de Marie-Antoinette ; une partition très différente , très surprenante, mais pas sans charme, grisante par endroit, qui a cependant mis en fureur ceux (je ne dénonce personne ) qui espéraient entendre du LULLY et ont récolté de la déclamation post-gluckiste (malgré la date, ça tire déjà pas mal vers Gossec et Méhul, étrangement) avec des ariettes et des fusées orchestrales post-ramistes. Seule découverte réellement désappointante, Garayev et Thilloy dans un concert coloré d'horizons (Nocturnes de Debussy, Pulcinella de Stravinski, Les Biches de Poulenc) de l'Orchestre Lamoureux (en très petite forme) ; le premier d'un orientalisme insipide, quoique pas déplaisant ; le second, tiré d'une musique de film, brille au concert par une vacuité qui ferait passer les Glassworks pour L'Art de la Fugue après duplications en miroir. Je ne reviens pas sur ma souffrance Migot, récemment partagée avec force jérémiades hyperboliques. Trois soirées auront probablement marqué mon expérience de mélomane et de spectateur : la Deuxième Symphonie de Tchaïkovski par Mazzola, le Rosenkavalier par Wernicke & Jordan, le Berlin de Meisel (dans un arrangement sans cordes) par Strobel et avec projection du film – mais la musique est sublime sans, malgré son caractère figuratif. Des sommets comme on n'en croise pas souvent, même à l'échelle de la démentielle offre francilienne. Et puis quantité de spectacles extraordinaires pour une raison ou une autre (œuvres, interprètes, ambiance générale), et qui n'entraient pas forcément dans l'une ou l'autre catégorie des récompenses : la Poupée sanglante, Armide par Rousset, Walton 1 par Colionne, Sibelius 5 par Järvi, Bruckner 5 par Järvi, Mahler 3 par Järvi, Bazan, Koechlin par Moraly & R. David, Brahms et Fauré par le Trio Karénine + S. Chenaf, Guédron & Friends, Liederpiel à Soubise, récital LULLY au CNSM, Sérénade de Britten par Staples, Shadows of Time couplées avec les Litanies de Poulenc, Dvořák 7 par Dohnányi, Tchaïkovski 1 par Gardner, Requiem de Verdi par Noseda, Meistersinger par Herheim & Jordan, Akilone SQ dans Beethoven 8, Akilone SQ dans Ravel & Boutry, Bruckner 9 par Inbal, Transcriptions des futurs chefs de chant du CNSM, Les Sincères de Marivaux avec intermèdes a cappella, le Farfadet d'Adam à Trévise, le Persée de 1770, The Artist de Bource en concert, I Rusteghi par les comédiens-français, les quatuors avec piano de Marx, Voces8, Piège de lumière de Damase, hommage à Boulez, extraits des Ariane de Marais et de Mouret, Martinů par Hrůša, Beethoven 2 par Koopman… À peu près tout le reste était peut-être un peu moins excessivement génial, mais quand même tout à fait épatant (très bien choisi sans doute, mais au sein d'une offre qui permet de faire 100 concerts épatants tout en ratant beaucoup d'autres grandes soirées…) : Olympie de Spontini, intégrale Mendelssohn du COE, Franck par la Maîtrise de Radio-France, Quatuors de Haensel-Auber-Pleyel, Sibelius 3 par Järvi, Sibelius 4 par Järvi, Dollé-Visée, Trio avec piano 1 de Brahms avec Cartier-Bresson, L'Orfeo par Tubéry, inauguration de l'orgue de la Philharmonie, cantates de Liszt et Gounod, COE & Pappano, airs de cour espagnols, la Création de Haydn en français, le Prince de Bois par Zinman, Rinaldo par Il Pomo d'Oro, concert Dutilleux par Ryan, l'Oiseau de feu par Gergiev, Credo de MacMillan, le Corsaire avec Tamara Rojo, Rigoletto par Guth-Luisotti, Les Animaux Modèles (et Printemps !), le Concerto de Grieg par la Tonhalle, le Freischütz par Hengelbrock… Dans les semi-réussites, peut-être Schubert 5 par Norrington (joué de façon aussi haydnienne, exalte surtout la simplicité et les répétitions), Bach et Mendelssohn par l'Orchestre de Paris (problème de style malgré Hengelbrock, ça ne se fait pas en une nuit), le Tristan d'Audi (musicalement superbe, mais visuellement bâclé un à point qui m'avait presque agacé), Mahler 3 par Cleveland (problème basique de gestion de la tension des phrasés tuilés), Petibon donc

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3 septembre

Nouveau Samson de Saint-Saëns à Bastille

Paris, Opéra Bastille : Samson et Dalila de Saint-Saëns : 1er octobre – 5 novembre 2016. Nouvelle production attendue, Samson et Dalila de Saint-Saëns se faisait attendre depuis des années sur les planches parisiennes (près d’un quart de siècle !). C’est dire l’abandon dont a souffert un opéra pourtant majeur de l’histoire de l’opéra français romantique) ; la faute probablement à un manque d’estime pour notre patrimoine romantique français dans l’Hexagone, et surtout, l’absence de grandes voix pour défendre les deux rôles écrasants du héros trahi, Samson et de la séductrice pernicieuse, Dalila. Héros blanc à la façon d’un Hercule trop humain, envoûté ; grande prêtresse de l’amour qui a vendu son âme au diable religieux, … l’intrigue, entre épopée historique et érotisme à peine voilé, fait valoir ses formidables arguments dramatiques et poétiques. Qu’il s’agisse des scènes d’intimisme voluptueux (comme les séquences de séduction entre Samson et Dalila), ou les tableaux collectifs (évocation des Philistins, danses ou orgie et Bacchanale, reconstuituées…), Saint-Saëns démontre une maestria irrésistible. L’HISTOIRE BIBLIQUE SELON SAINT-SAËNS… Quand il aborde l’Antiquité biblique, Camille Saint-Saëns, génie romantique français qui n’obtint jamais le Prix de Rome, s’intéresse à la figure de Dalila, donneuse et séductrice implacable, bras armé du prêtre de Dagon : en elle coule la veine d’une Kundry – grande tentatrice au chant voluptueux et serpentin…, elle trahit le puissant Samson, – défenseur des hébreux et d’Israel, pour découvrir sa faiblesse et le livrer aux Philistins : séduire le héros magnifique pour capter sa force et l’anéantir totalement… ainsi le plus bel air de tout l’opéra romantique en France au XIXè : « Mon cœur s’ouvre à ta voix comme s’ouvrent les fleurs aux baisers de l’aurore », – immortalisé par Maria Callas, est le chant d’une sirène fatale, consciente de ses agissements trompeurs. L’amour est une arme qui sert un dessein machiavélique ; rien ne résiste ici à l’ensorceleuse haineuse et destructrice. Mais la vengeance d’un Samson à présent affaibli, humilié et aveugle (III) accomplit un suprême miracle, recouvrant in extremis sa force originelle pour détruire le temple païen et y ensevelir les ennemis de son dieu… Créé dès 1877 à Weimar grâce l’engagement et au soutien indéfectible de Liszt, grand ami et protecteur des compositeurs de son époque, Samson et Dalila attendit encore 15 années pour être enfin joué (et applaudi) à Paris. Pour cette création parisienne, Saint-Saëns écrit évidemment un complément : soit pour satisfaire les codes de la Maison française, une danse inédit : le ballet « des prêtresses de Dagon ». Inimaginable oubli, depuis plus de 25 ans : l’ouvrage avait déserté les planches de l’Opéra national de Paris, voici qu’il ressuscite dans une distribution très prometteuse. Samson et Dalila de Camille Saint-Sans à l’Opéra Bastille, Paris Opéra en trois actes et quatre tableaux (1877) Du 1er octobre au 5 novembre 2016 RESERVEZ VOTRE PLACE Livret : Ferdinand Lemaire Nouvelle production > 2h50 dont 2 entractes Distribution Direction musicale : Philippe Jordan Mise en scène : Damiano Michieletto Dalila : Anita Rachvelishvili Samson : Aleksandrs Antonenko Le Grand Prêtre de Dagon : Egils Silins Abimélech : Nicolas Testé Un Vieillard hébreu : Nicolas Cavallier Un Messager philistin : John Bernard Premier Philistin : Luca Sannai Deuxième Philistin : Jian-Hong Zhao Décors : Paolo Fantin Costumes : Carla Teti Lumières : Alessandro Carletti Chef des Choeurs : José Luis Basso Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris Approfondir CAMILLE SAINT-SAËNS (1835-1921) Tempérament précoce, Saint-Saëns suit l’enseignement de Halévy, dès ses 13 ans. Il échoue à deux reprises au Prix de Rome, mais son génie, d’abord comme pianiste puis comme compositeur s’affirme très vite, obtenant nombre de récompenses et titres prestigieux : il devient académicien, membre de l’Institut en 1881 (à 46 ans). Aux côtés du piano, Saint-Saëns éblouit le parisiens à l’orgue, en particulier de la Madeleine dont il est titulaire (1857-1877). Très engagé pour la défense du patrimoine français, Saint-Saëns est le premier à rééditer Gluck et Rameau. Et comme Liszt, sut développer une curiosité d’esprit, admirant Schumann et Wagner. En 1871, à 36 ans, Saint-Saëns fonde alors que la France connaît une défaite historique, la Société national de de musique (pour en démissionner 15 ans plus tard, en 1886 : car Saint-Saëns est un esprit libre et indépendant ; à sa création, la SNM comme parmi ses membres fondateurs : Franck, Guiraud, Saint-Saëns, Massenet, Garcin, Fauré, Castillon, Duparc, Dubois, Taffanel et Bussine. L’objectif est de créer les oeuvres des membres devant le public, opération exemplaire visant la promotion des oeuvres contemporaines, précisément écrits par les compositeurs qui sont ses propres membres. Les récitals de musique de chambre sont donnés dans les salons Pleyel ; les concerts symphoniques, salle Erard et église Saint-Gervais. Bussine, Franck, puis d’Indy en sont les premiers présidents. En 1886, quand est décidé d’élargir le profil des compositeurs joués et défendus par la SNM, soit en faveur des compositeurs non membres et des étrangers, le bureau fondateur implose pour divergence de vues : Saint-Saëns comme Bussine, démissionne. Mais l’élan pour la musique moderne était lancé et persistant : rejoignent la Société ainsi renouvelée, Debussy et Ropartz (1888), puis Schmitt (1894), et enfin Ducasse et Ravel (1898-1899) Saint-Saëns laisse une oeuvre importante dans tous les genres : 5 Symphonies dont la dernière avec orgue ; 5 Concertos pour piano ; 4 poèmes Symphonique et plusieurs opéras dont Samson et Dalila (1877), Henry VIII (1883). L’OPERA FRANCAIS ROMANTIQUE A L’ÉPOQUE DE SAINT-SAËNS : A l’époque de Saint-Saëns, l’opéra est le genre noble par excellence, un défi et un but pour tout compositeur digne de ce nom. Le Conservatoire de Paris assure la formation des futurs compositeurs lyriques. Chacun souhaite à terme faire créer son « grand opéra » à l’Académie (l’opéra national de Paris actuel), en sacrifiant entre autres à la convention du ballet intégré dans l’action. L’opéra français connaît ses heures de gloires avec Auber (La Muette de Portici, 1828), Meyerbeer (Robert Le Diable en 1831 ; L’Africaine en 1865), puis Halévy, Gounod, Thomas, Reyer et … Saint-Saëns. Simultanément aux productions française (grand sepctacle) ainsi donné à l’Académie, Le Théâtre-Italien préféré par les princes et aristocrates, affiche les opéras italiens, écrins du bel canto signés Cimarosa, Rossini, Bellini, Donizetti. Héritier des oeuvres cocasses, délirantes et souvent parodiques de la Foire, L’opéra-comique accueille le genre lyrique spécifique qui alterne le chanter et le parler, cultivant plutôt la veine comique mordante, d’abord illustrée par Boieldieu, Hérold, Adam, … puis Thomas, Delibes, Bizet avec lequel (Carmen, 1875), le genre ayant très évolué ne présente plus guère d’accents humoristiques, mais intensément dramatiques voire tragiques. Défenseurs de la veine comique et facétieuse, deux compositeurs innovant, enrichissent encore l’offre lyrique parisienne : Hervé fonde le théâtre des Folies-Nouvelles (1854) ; Offenbach, les Bouffes-Parisiens (1855) : ils y inventent simultanément un nouveau genre : l’opérette, nouveau théâtre musical, faussement léger car il ne manque pas de profondeur. Dans ce contexte, le classique Saint-Saëns fait créer Samson en 1892, suscitant un triomphe éclatant, grâce à son orchestration raffinée et flamboyante, à la séduction de ses mélodies, à ce orientalisme qui n’empêche pas de furieux accents voluptueux : car la sirène Dalila, astucieuxe manipulatrice, est surtout une puissante force érotique, aux élans lascifs irrésistibles, que la musique de Saint-Saëns a parfaitement exprimé. WAGNERISME QUAND TU NOUS TIENS… Ainsi dans sa texture riche, colorée, somptueuse, l’orchestre de Saint-Saëns se montre lui aussi très perméable au wagnérisme, même s’il a comme Nietzsche, révoqué ensuite comme Debussy, l’attraction du maître de Bayreuth (d’ailleurs, même dans le cas de Debussy, cf son opéra Pelléas et Mélisande, la force de l’orchestre, demeure d’essence wagnérienne.) Tel est la contradiction des compositeurs français… Car en dépit de la création sulfureuse de Tannhaüser en 1861, dont le choc fut reçu et fixé par Baudelaire, Wagner ne cesse pendant toute la seconde moitié du XIXème d’influencer profondément les Français (dont surtout les wagnériens affichés, déclarés, tels Joncières, Franck, Duparc, Chausson, Ropartz…). Par les réactions vives et souvent passionnées qu’il a suscité, qu’il soit source de fascination féconde et inspiratrice ou sujet de détestation, par les réactions qu’il a suscité, le wagnérisme, très actif encore dans les années 1870 et 1890 (Wagner a inauguré le premier festival de Bayreuth avec la Tétralogie intégralement représentée en 1876, puis s’est éteint en 1883), reste le mouvement esthétique du XIXè le plus fondamental en France, du Second Empire à la IIIè République. Qu’il l’est minimisé ou non, Saint-Saëns fait partie des auteurs qui l’ayant reçu, n’en sont pas sortis indemnes. L’orchestre de son Samson en présente la trace. Discographie : Saint-Saëns, cd récemment enregistrés : Concertos pour piano n°1 et 2 par Louis Schwizgebel (2015) Recréations récentes : Les Barbares (opéra de 1901, recréé à Saint-Etienne en 2014)

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